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lundi 21 juillet 2008

Episode 41 : ça s'en va et ça reviens

Bower s’acharnait sur sa valisette, si il avait eu le code, celui si avait dépassé sa date de péremption. Ma psychologie de comptoir, m’avait permis de me faire une petite idée du bonhomme, c’était pas le genre de type à garder son calme dans la moindre circonstance, plutôt celui à exploser à la moindre occasion.
Et à force de le voir tripatouyer frénétiquement la serrure codée, je me disais qu’il y avait de grande chance que ses nerfs lâchent en premier.
Je ne pu que constater que j’avais mis dans le mille quelque seconde plus tard, lorsque la valise atterri au sol devant mes pieds, j’ai tellement balisé ensuite lorsqu’il sorti son calibre pour exploser l’ouverture récalcitrante, que mon caleçon s’en souviens encore.

Visiblement calmé par ce lâché de testostérone, il s’approcha et pris un ramassis de documents dans la valise, ou du moins dans ce qui était encore une valise quelque seconde plus tôt.
Il appliqua alors la méthode très rependu de tri sélectif, chaque document ne l’intéressait pas dans la pile finissait inexorablement jeter nonchalamment au sol.

Il brandi alors fièrement une feuille devant moi : « tu c’est ce que c’est ? »

Mon regard se posa quelque instant sur la feuille, visiblement un document officiel tiré des archives municipales, à première vue un plan d’un grand bâtiment.

« C’est un plan ! » m’hasardais-je !

Bower s’esclaffa : « Hey les gars on a un comique, Curly ramène le matos, je crois que je vais m’amuser finalement ! »
Un grand black commença à tirer un chariot comportant sur une partie des instruments dont l’utilisation me faisait froid dans le dos, et sur l’autre des instruments dont je n’osais même pas imaginer l’utilisation.
En voyant ces deux grands malades, je me suis dit que l’expression « Si tu n’as pas d’ami, prends un Curly » prenait tout son sens.

J’essayais de calmer leur enthousiasme : « Minute ! Vous me demandez ce que c’est, je vous réponds, maintenant si vous voulez des réponses plus précise commencer par poser des questions plus précise ! »

Jake approcha son visage à quelques centimètres du mien, me donnant tout le loisir d’apprécier le fumet de son haleine, et la grosse veine que je voyais palpiter sur son front ne me disait rien qui vaille.
« Ha tu veux de la précision, ben on va t’en donner ! »
Et il me mit une grosse mandale dans la gueule.
« C’est assez précis pour toi, où tu veux que j’entre plus dans le détails »
J’hochais de la tête en signe d’approbation, enfin il serait plus exact de dire que ma tête hochait d’elle-même suite à la violence du coup.

« Bien alors reprenons » conclut il. « Pourquoi étais tu en possession des plans du musée de la ville ? »
J’étais un peu surpris, et je fis l’erreur de répondre machinalement sans réfléchir comme à mon habitude : « Mais je ne possède pas de plans du Musée ! »
J’eux à peine finis ma phrase que ma mâchoire se referma d’elle-même sous l’effet d’une autre beigne.
« Pas la peine de jouer le Caïd en racontant des cracks, on les a retrouvé savamment caché dans ton office ! »
Je préférais ne pas répondre de peur de m’en prendre une nouvelle, de toute manière ce que j’avais à dire, il n’avait visiblement pas envie de l’entendre.
Malheureusement mon silence fit autant de boucan qu’un piano tombant du cinquième étage.

« Tu n’as rien à redire à ça ! » S’exclame t il victorieusement.

Je crois que c’est suite à cette journée que j’ai pris la résolution de consulter un charlatan de psy pour soigner ma grande gueule, il faut dire que le juge ne m’a pas non plus laissé beaucoup le choix. Quoiqu’il en soit je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre : « Si j’aurais beaucoup de chose à redire, mais je risquerais de m’en prendre une ! »
Ce qui ne manqua pas.
La dernière chose que je me souviens avant de m’évanouir était l’image de Curly essayant d’empêcher un Bower au visage écarlate de m’achever.


Pendant ce temps là, dans le Quartier des Demi-mondaines, Blacker attendait.

mardi 15 juillet 2008

Episode 40 : Rouge et sang

Ces événements ce sont déroulés entre l'épisode 39 et l'épisode 40 :

Tout juste remis de l'explosion de la bombe qui ravagea une partie du musée, Ronan Daddybear, Privé numéro un sur la liste des emmerdeurs de services qui fourrent leur nez là où il ne faut pas, venait de se faire enlever par les bras musclés des homme du D.O.G., le Département des Opérations Gouvernementales, et allait subir un interrogatoire bodybuildé par leur agent tout-terrain de service, le bien nommé Jake Bower.

Pendant ce temps, de l'autre coté de la ville, Mulot se faisant prendre la main dans le pot de confiture, et ce n'est pas une figure de style, il était bel et bien en train de se baffrer de confiture de Poncire de Collioure qu'il venait de chiper dans l'un des placard de feu, Sal Valentin.
Oui feu, car ce dernier et ses acolytes venaient d'être retrouvé quelques temps plus tôt sauvagement mutilé façon tartare, de quoi vous dégoûter à vie des hamburgers.

Toute cette histoire faisait les choux gras de la Gazette car il mettait le petit milieu du crime organisé en ébullition. Plus d'un voulait la peau de Sal Valentin, une poignée était capable de tenter quelque chose contre lui, et dans la masse restante seul deux ou trois inconscients était capable de le faire réellement, mais au final pas un était en mesure de réussir.
C'est bien pour cela que les flics étaient intervenus, parceque les meurtres qu'ils pouvaient attribuer aux gangsters, ils n'étaient pas assez fous pour mettre leur nez dedans.

Blacker avait déserté l'affaire, il avait bien plus important à faire, il devait rencontré quelqu'un dans un endroit tranquille, quelqu'un qui lui devait un service, tout le monde devait un jour ou l'autre un service à Blacker.
Blacker c'était un peu le bon pote à qui l'on ne peut rien refusé, un peu comme le percepteur en fait.

Mais ça et là, des ombres arpentaient les toits de la ville, une guerre secrète et séculaire se préparait à éclater de nouveau.
Des voitures noires comportant des hommes en noirs, portant des lunettes noires, noircissaient les rues de la ville en quête d'une sombre mission.

Mais tout de suite un nouvel épisode des Enquêtes de Ronan ...

Tut Tut Tut Tut Tut

Episode 40 :

A voir l'allure de mes nouveaux amis, je me doutais bien qu'ils allaient me refaire la poire pour pas un rond, bien que j'avais déjà eu ma dose de chirurgie esthétique ces derniers jours.
J'avais côtoyés pas mal de fêlés depuis que cette affaire m'était tombé sur la gueule, des ronds de cuirs, des mafieux, des travelos, des illuminés et j'en passe, et dans le tas il y avait même eu des flics c'est pour dire dans la merde où je me retrouvais.
Mais là c'était un autre calibre, des gars du gouvernement, des types qui ont officieusement le droit de vous faire disparaître si ça leur chante, et pour te faire chanter ils sont prêts à tout.
Selon les lois, la torture n'était plus utilisée depuis bien longtemps, mais les lois ne s'aventurent pas dans des lieux éloignés de toute civilisation et insonorisés.

Ils avaient approchés une télé de moi et m'avait mis un casque sur les oreilles. J'avais déjà entendu parler de ça, la désorientation sensorielle ou un truc du genre, ils vous passaient des images psychédéliques en vous envoyant dans les esgourdes des sons atroces, la Tecktonik qu'il appelait ça, avec un peu de chance vous finissiez par convulser dans tous les sens avant que le cerveau soit atteint.
Mais Ils avaient dans leur arsenal des tortures bien pire, des images insoutenables, comme celles des matchs de l'équipe nationale de football.
Rien que d'y penser j'étais déjà prêt à avouer tout ce qu'ils voulaient avant même qu'ils aient commencé.

Celui qui avait dit s'appeler Bower s'approcha enfin de moi, instinctivement je m'empressais de lui faire savoir : " Je Vais vous dire tout ce que vous voulez savoir "
Ce dernier sembla vexé, et me répondit : " Vous êtes sur, vous ne voulez pas résister un peu, on avait préparé tout un nouvel équipement spécialement pour l'occasion, on aurait bien aimé le testé un peu ! "

Personnellement moi je n'y tenais pas tant que ça : " Non, non, je vous assure je tiens à coopérer "
Ce n'est pas que je tenais en hautes estiment tous les empaffés aux services du gouvernement, mais je savais qu'il ne fallait pas se mettre à dos l'impitoyable machine soit disant démocratique.

Bower se résigna : " Tant pis on trouvera bien un innocent sur qui les tester "

Puis il s'empara d'une valise noire et commença à composer le code pour l'ouvrir.

jeudi 24 avril 2008

Episode 35 : De la guerre desuette au hâle

Le vieux me fixait avec ses yeux de poisson globe, et à sa manière de s'agripper à sa canne tout en essayant d'articuler on aurait pu le confondre avec une perruche.

il disait que nous avions beaucoup de chose à se dire, mais si je devais attendre qu'il fasse une phrase intelligible, j'y serais encore dans dix ans.

" Ouais faut qu'on cause de tout ce barzingue autour de moi, ce n'est pas que frôler la mort me fout les foies, c'est juste que ça arrive un peu trop souvent à mon goût ces derniers temps ! "

Le vieux prit une grande inspiration se relevant légèrement avant de se voûter à nouveau sur sa canne. ça devait être un maître yoga ou un truc du genre pour rester en équilibre dans cette position.

" Avant toute chose, me présenter laissez moi ! Dai Konshu, je me nomme. Actuel dirigeant de cette petite communauté je suis. le Grand ordre nous sommes, le Ji Dai.
Deux de mes plus brillants élèves, les frères Obi sont. "

Je ne sais pas qui lui avait appris notre langue mais cette personne avait oublié de lui expliquer l'importance de mettre les mots dans l'ordre. J'espérais qu'il n'en avait pas pour trop longtemps dans ses explications car je sentais le mal de crâne pointer à l'horizon.

" Depuis bien des lunes, avec les enfants de la terre en guerre nous sommes, même si jadis qu'un seul et même clan nous formions. Eux sont les personnes qui aujourd'hui attaqué vous ont. "

Me voilà bien servi, je me retrouvais embarqué dans un vieux différent entre deux factions qui aimaient se parler avec les poings

" Et qu'est ce que je viens fiche au milieu de votre querelle ancestrale ? "

Le père Dai plissa les yeux et les deux frère se retournait vers moi l'air interrogateur, j'avais l'impression d'avoir dit une connerie j'espérais juste qu'il ne décide pas brusquement de me remettre dans les eaux du port d'où ils m'avaient sorti.

" Ne pas comprendre j'avoue " lâcha t il enfin. " De nous dire en quoi vous y etes mêlé à vous c'est. Plus grand assassin des enfants de la terre vous menacer est venu. "

J’essayais de décoder. il parlait du mec qui m'avait filer la frousse de ma vie dans mon bureau.

" Je ne sais même pas qui c'est ce gars, il m'a juste demandé d'arrêter de rechercher Bergère. Je suppose que vos copains en noir sont venus me spécifier ce qu'il m'en coûtait de ne pas avoir suivi ses recommandations. "

Le vieux et les frères Obi s'échangèrent quelques mots dans leur langue, ils avaient l'air très énervés.

" Pas sans raison venu à vous il n'est ! " trancha il à mon intention excédé avant de continuer.

" Avec les reliques de Fukoo.oo à voir rien cela n'a ! "

A le voir s'énerver comme ça, j'avais un peu peur qu'il nous claque dans les bras le vieux. il n'était plus du tout zen.
Wan s'approcha discrètement de moi et me glissa : " il faut l'excuser mais il est toujours ainsi lorsqu'il s'agit des enfants de la terre et de Fukoo.oo "

Ce nom là me disait quelque chose, j'avais déjà entendu ça quelque part, mais je ne savais plus où. Je tâtais mes poches à la recherche de mon calepin et le feuilleta quelque instant avant de trouver la bonne page.

" Dites moi votre fukomachin là. "

" Fukoo.oo " me repris Wan

" Oui c'est ça Fukoo.oo, ça n'aurait pas à voir des fois avec une histoire de flacon orné d'éléphants ? "

Je vis alors le visage du vieux Dai reprendre des couleurs, enfin en reprendre même beaucoup trop, son teint virait du rouge écarlate au violacé ce coup là c'était sur soit il me claquait dans les doigts soit il me claquait tout court.

jeudi 17 avril 2008

Episode 34 : La passe de mots

J'essayais de suivre comme je pouvais les frères Obi, qui gambadaient joyeusement à travers un tas de ruelles aussi petites qu'encombrées.
Secrètement j'espérais qu'ils savaient où ils allaient car pour ma part il y avait un bon moment que mon sens de l'orientation avait décroché.

Au bout d'un moment ils décidèrent enfin de s'arrêter de courir, et moi j'en profitais pour avaler un grand bol d'air et recracher mes poumons.
Ces mecs étaient montés sur ressorts ma parole, pour peu j'aurais eu l'impression qu'ils essayaient de me semer.

" Vous allez bien monsieur Daddybear " s'inquiéta Ken tandis que son frère Wan frappait à une petite porte derrière un bâtiment massif.

" Impec' mec, au poil, je me suis jamais senti aussi vivant " lui répondis-je, et pour cause mon corps me faisait tellement mal de partout qu'il n'y avait aucun risque que je sois mort.

Un petit soupirail métallique s'ouvrit dans la porte. Wan s'approcha encore plus et murmura à celui qui venait de l'ouvrir.
" Quand l'hirondelle s'envole vers l'horizon, le vent lui souffle dans les ailes et dissipe les nuages sur son chemin ... "

Il s'arrêta un moment puis une voix lui répondit : " Mais si le vent suis l'hirondelle alors le serpent se terrera sous les feuilles "

Wan se redressant fièrement conclu dans une posture mélodramatique : " Sauf si le souffle du grand dragon balaye les feuilles pour que la mangouste déniche le serpent "

Il y eu un silence, puis un bruit de verrou et enfin un léger grincement de gonds qui indiquait l'ouverture de la porte.
J'interrogeais Ken du regard, et ce dernier le renvoya à Wan qui se tourna vers moi pour me répondre un simple : " mesure de sécurité "
Y a pas à dire leur truc de mots de passe ça en jetait pour celui qui était là en touriste, mais on ne m'enlèvera pas l'idée de la tête qu'un " salut, c'est nous ! " aurait tout aussi bien fait l'affaire.

Je pénétrais par la porte de derrière encadré par les deux frangins, et on nous dirigea à travers un dédale de couloirs et de pièces à l'allure très exotique jusqu'à un grand hall couvert de grandes plaques de pailles.
Un petit vieux, à la barbe aussi longue que son crâne était dégarni, se tenait sur estrade. Enfin du moins se maintenait en équilibre courbé sur sa canne, Et vu son teint verdâtre, sa place était plutôt dans un lit, si ce n'est un cercueil tant il semblait âgé et malade.
Les deux frères firent une courbette très prononcé puis se redressèrent en regardant toujours leur pied, comme deux gamins qui viennent de se faire chiper par leur grand-mère la main dans le bocal à cookies.
C'est Wan qui s'excusa le premier, comme toujours c'était lui la voix du duo.

" Konchû sensei, voici l'homme que vous nous aviez demandé de protéger. Je sais que nous n'aurions pas du l'amener ici, mais les enfants de la terre allaient le capturer, alors j'ai pensé qu'il serait plus sage de l'amener ici, surtout que nous avons déjà faillit le perdre aujourd'hui. "

Le vieux sage ne broncha pas et leur donna l'absolution.

" La bonne décision tu as pris, jeune Wan-Pada, regrettable de le perdre il aurait été "

Puis il me scruta des pieds à la tête et repris à mon intention.

" Ainsi enfin nous nous rencontrons, Daddybear San, le loup déguisé en mouton en vous je vois, je ne m'étais pas trompé. Bien fait nous avons eu de par deux fois vous sauvez "

J'essayais de décoder ce que le vioque me baragouinait, il me semble qu'il avait dit qu'ils m'avaient sauvez deux fois. Je m'hasardais :

" Vous voulez dire qu'au port c'était déjà vous ? "

C'est le petit Wan qui me répondit : " Nous sommes désolé, nous avons manquer de vigilance à force de trop travailler notre discrétion, nous aurions du intervenir plus tôt. "

Je le rassurais d'emblée : " Y a pas de mal, je suis vivant, ce qui n'aurait pas été le cas si vous n'aviez pas été là "

Puis je me retournais vers leur chef spirituel : " je ne veux pas vous paraître impoli, surtout que visiblement mes miches vous en doivent beaucoup, mais pourquoi vous me surveiller, et puis d'abord qui vous êtes bordel ? "

Le vieux resta impassible sur sa canne : " Beaucoup à nous dire nous avons "

vendredi 11 avril 2008

Episode 33 : ça vaut pas un jet d'ail !

Comme si les acrobates en costume noir n'étaient déjà pas suffisant voilà maintenant que deux clowns chauves en tunique blanche souhaitaient eux aussi participer à la rencontre.
Au moins ceux là avaient l'air d'être de mon coté.

Moi qui me réjouissais d'avance d'une bonne bagarre, je fus plutôt déçu, ces gars là ne savaient pas se battre convenablement.
Bien sur ils gesticulaient dans tous les sens en sautant un peu partout, la plupart poussaient même des cris tantôt rauques, tantôt aigus lorsqu'ils donnaient un coup.
Mais faut être honnête, toutes ces jérémiades c'est bon pour amuser la galerie, ça vaut pas un bon bourre-pif ou un coup de tatane bien placé.
Et je ne dis pas ça parce qu'ils préféraient s'amuser entre eux, et ne me laissait pas participer.

Quoi qu'il en soit, mes nouveaux amis en blanc s'en sortaient plutôt bien face à mes nouveaux ennemis en noir, et ce malgré le sous nombre évident.
A les regarder danser comme ça dans les bras les uns des autres, il me semblait que la lutte avait durée des heures, mais ma montre m'indiquait que seulement 3 minutes étaient passées.

Après avoir embrassé les murs et les pavés un bon nombre de fois, les assaillants estimèrent que si ils ne voulaient pas avoir des frais de dentisterie exorbitants, ils feraient mieux de battre en retraite.

Je restais là dans la ruelle, et les deux olibrius en pyjama blanc me dévisagèrent un moment, puis ils se mirent à baragouiner dans je ne sais quelque langue.
Je détestais les personnes qui faisaient ça, surtout lorsqu'elles le font avec cette espèce de petit sourire en coin qui semble vouloir dire : " tu sais très bien que l'on parle de toi, mais tu ne peux pas nous comprendre ! "

L'un des deux, sûrement le porte-parole, s'avança de quelque pas puis me fit une sorte de révérence qui me fit voir le reflet de la lune sur son crâne lustré. Puis il s'exprima :

" Monsieur Daddybear, nous sommes heureux mon frère et moi de constater que n'êtes pas blessé. Permettez-moi de nous présenter, nous sommes les frères Obi, Wan et Ken Obi. "

Ken était celui qui s'adressait à moi il semblait plus petit et plus chétif que son frère, mais pour l'avoir vu se battre je ne dirais pas qu'il était le moins fort des deux. Il portait tout comme son frère le massif Wan, une étrange ceinture noire tressée à la taille.

Ce dernier tapa sur l'épaule de son frère timidement : " Frère ! "

Ken me montra le passage de la ruelle tout en disant : " Oui nous devons nous hâter, il n'est pas bon pour vous de trop traîner dans ces rues. "

Je n'avais pas vraiment envie de les contredire, surtout qu'ils semblaient en savoir long, je décidais donc de les suivre.

jeudi 3 avril 2008

Episode 32 : Dan et deux dehors

Je déambulais dans les rues le dossier à la main, me demandant bien ce que ce lèche bottes de Fromell avait dans le crâne.
J'imaginais mal ces deux men in black se pointer dans son bureau pour venir prendre un café, et à la manière dont j'avais été éjecté ça ne pouvait signifier que peu de chose.
Soit c'était vraiment du lourd, soit ça concernait ma pomme, et le pire de tout, c'est qu'il était possible que ce soit les deux à la fois.

Pourquoi Bergère avait estimé utile de confectionner un dossier sur moi, je ne le connaissais pas ce type, enfin de nom comme tout les pecnots de cette ville qui ne fréquente pas la haute.
Alors que j'ouvrais la chemise pour essayer d'y trouver un élément de réponse, mon œil fut attiré par une petite note gribouillée en vitesse par la main de Fromell qui disait :
" Garde moi ça au chaud et fait toi discret si tu tiens à ton matricule car c'est encore plus compliqué que je le pensais ! "

ça avait au moins le mérite d'être clair, même si ça ne m'avançait pas beaucoup, car soyons franc, si il s'imaginait que j'allais tranquillement rester dans mon lit, c'est qu'il avait oublier qui j'étais.

Le seul semblant de piste que j'avais en rapport avec Bergère était cette asiatique qui m'avait menacé à mon bureau. Et l'endroit où l'on avait le plus de chance d'en trouver un à Old Swamp, c'était à Chinatown.

A vrai dire, il n'avait rien d'un quartier typique de l'appellation Chinatown, on ne pouvait même pas vraiment dire que la communauté asiatique était plus prononcée dans ce quartier que dans les autres.
Mais c'était rentré dans les moeurs, sûrement car c'était plus facile de dire "Chinatown" que "le quartier commerçant à l'est du centre ville".
Oui car même si les colons asiatiques d'Old swamp n'étaient pas si nombreux, enfin assez pour rivaliser avec la communauté hispanique, on ne pouvait leur nier leur solidarité et leur sens inné des affaire qui leur fait mettre la main mise sur toutes les devantures du quartier marchands.
Pour être franc, ayant connu l'ancien quartier durant mon enfance, je ne pouvais nier que l'on y avait vraiment gagner en qualité de service.
Et je dois dire que mon imper avait même connu une deuxième jeunesse après avoir fait connaissance avec le vieux Chen.

La seule chose que je reprocherais à ce quartier aujourd'hui c'est qu'il n'y ai plus de débits de boisson convenable, et peut être également que c'est ici que j'avais rencontré Debra.

Cela faisait maintenant un bon moment que j'arpentais les rues du quartier sans trop savoir ce que j'y cherchais, je n'imaginais pas tomber sur mon lascar au détour d'un immeuble, ça aurait été trop beau.
Mais néanmoins j'avais comme la désagréable impression d'être suivi.
A vrai dire j'avais ce sentiment depuis que j'avais quitté le commissariat, et la nuit tombante n'arrangeait rien.
J'airais peut être mieux fait de suivre les conseils de Fromell et de ma planquer quelque part.
En tout cas c'était mon poursuivant qui se planquait bien je n'arrivais pas à le repérer.

Alors que j'avançais dans l'ombre crépusculaire tout en jetant des coups d'oeil discret derrière moi, je sentis quelque chose me chatouiller la gorge et venir se planquer tout près dans un vrombissement métallique.
Je n'eus pas vraiment le loisir de regarder ce que c'était car une demi douzaine d'illuminés en pyjama noir vint se planter tout autour de moi en faisant des cabrioles tout en poussant des cris de caniche castré.

Mais alors que je pensais en avoir fini avec ce numéro de cirque digne des singes savants, et accessoirement être fini tout court, lorsque deux silhouettes sautant du haut des murs voisins se découpèrent dans la lune pour venir se poser à coté de moi.

jeudi 20 mars 2008

Episode 30 : Papotte peut-être, mais pas potes quand même !

Fromell humectait ses lèvres sur le bord de son verre, à croire que ce type n'avait jamais appris à boire.
Je réfléchissais à la manière d'aborder au mieux les sujets qui nous préoccupaient tout deux, car je sentais que l'on allait jouer ensemble au petit jeux qui consistait à en dire le moins possible pour en apprendre le maximum.

Je me décidais de le cuisiner sur l'affaire Bergère, même si je doutais de plus en plus que ce soit à cause de lui cherchais à me faire la peau.
" Vous avez interrogé le secrétaire de Bergère ? "

Il sembla surpris de mon entrée en matière, il s'attendait à autre chose visiblement.
" non on n'a pas réussit à mettre la main dessus " répondit il avant d'enchaîner " Pourquoi tu t'intéresse à lui ? C'est quand même pas lui qui t'as balancé à la baille ? "

J'esquissais un sourire en lui disant " t'as pas vu l'arbalète que c'est, je ne suis même pas sur qu'il réussirait à balancer une feuille de papier à la flotte. Non ça c'est le travail des hommes de main de Valentin. "

J'essayais ainsi de détourner son attention de mon intérêt pour la fausse Vera et visiblement ça marchait car il m'interrogea. " Valentin ! Sal Valentin ? Qu'est ce qu'il vient faire dans cette histoire ? Il est dans le coup pour Bergère ? Qu'est ce qu'il t'a pris d'aller voir ce cinglé !"

Je le calmais tout de suite, " Il n'a rien à voir avec ce qui nous intéresse, enfin pas que je sache. C'est vrai que j'aurais du être plus prudent avec lui, mais je pensais pas qu'il prendrait la mouche si subitement, pourtant je n'ai rien fait pour le mettre en rogne. Crois moi, j'y ai bien fait attention. "

" Pas assez visiblement " ricana t il, puis il se redressa " trêve de bavardages, je suppose que tu n'es pas là pour porter plainte contre Valentin, alors joue cartes sur table et dit moi ce que tu sais sur Bergère ! "

La patience ce n'avait jamais vraiment été son fort, et je savais à quoi m'attendre si je ne me pliais pas à ces exigences, la dernière fois ça m'avait coûté ma promotion et ma plaque. Mais je ne pouvais pas vraiment lui donné tort à l'époque je n'étais pas au meilleure de ma forme et il avait sûrement essayer de me remettre d'aplomb à sa manière.
" A vrai dire pas grand chose, j'étais persuadé d'avoir été engagé par sa femme pour le retrouver lui et sa maîtresse, le truc d'adultère classique, enfin jusqu'à ce que je me fasse alpagué par les fédéraux et qu'ils m'apprennent que mon employeuse dansait la gigue six pieds sous terre depuis plus de six mois. "

Fromell soupira " Pourtant ça c'est pas le genre de nouvelle qui passe inaperçu, surtout lorsque ça concerne un type comme Bergère !"
" Que veux tu, contrairement à toi, je ne suis pas constamment les yeux rivés sur les pages mondaines " lui répondis je sèchement.

Je continuais " Bref, sentant le traquenard, j'ai continué à la chercher pour le prévenir, mais également pour qu'il me rencarde sur deux ou trois choses, mais je suis arrivé un peu trop tard comme tu l'as constaté ... maintenant à toi dis moi dans quel merdier j'ai mis les pieds ? "

Fromell était songeur, il marmonnait à demi pour lui même : " Donc tu ne sais pas grand chose, c'est peut être mieux ainsi, peut être que ... " il sembla se ressaisir et se rappeler ma présence. " Avant tout une dernière chose, sur les points que tu voulais aborder avec lui? "

J'étais embêté je pouvais sans problème mentionné une partie des raisons de ma visite à Bergère chez Phillis, mais l'autre je préférais la garder sous silence, car j'avais déjà faillit boire le bouillon de onze heure au port à cause de cela, et je n'avais pas encore fini de sécher.
" Tu vois Miguel Cruz ? " il acquiesça " une brute sans grande envergure, me semble t il ? ". Je lui confirmai " Oui ça lui ressemble, le genre de gars qui lorsqu'il te confie une tache en te secouant la couenne comme pour jouer au bilboquet avec ta tête, tu n'as pas trop envie de lui refuser. Enfin bref il m'a demandé de retrouver sa sœur Vera. Vera Cruz, pile l'identité que le secrétaire de Bergère a empruntée. "

Fromell hocha la tête tout en prenant des notes " Je vois, mais je doute que cela concerne notre affaire, et j'imagine bien que tu ne t'ai pas donné tout ce mal pour le retrouver juste pour ça. "

Je pris un air dépité " ben tu sais, Miguel sait se montrer très convainquant, et je dois dire que de ton coté pour l'instant ça laisse un peu à désirer ! "

Il se frotta les sourcils comme pour réfléchir un instant, puis sorti un dossier qui était soigneusement ranger dans le double fond d'un tiroir fermé à clé de son bureau, avant de le lancer devant moi.
" Tu l'auras voulu, jette un coup d'œil à ça ! "

jeudi 7 février 2008

Episode 24 : des cendres

Je m'esquivais des étages hauts en couleurs de Chez Phillis, laissant à la bleusaille le bon soin de les inspecter en détails. On aurait dit des jeunes chiots ayant entendu la laisse, et sautant dans tous sens devant la porte pour que leur maître leur accorde enfin le droit d'aller salir le trottoir et les chaussures des distraits.
Plus je réfléchissais, et plus je me disais que le paquet qu'ils allaient laisser derrière eux allait être fumant. Pour la police de Old Swamp intervenir rapidement était signifiait être là dans la journée dans le meilleur des cas, plus souvent il fallait deux à trois jour pour voir l'ombre d'un képi.
Cela expliquait en partie pourquoi ses habitants avaient pris l'habitude de régler leur compte entre eux, voir même de faire appelle à des professionnels pour ça.
Ce qui expliquait que dans mon métier de fouille-merde, on ne connaissait pas vraiment le chômage dans le coin.
Enfin ça c'est surtout valable pour les autres, car moi, même en cherchant bien, j'avais du mal à boucler les fins de mois grâce à des affaires juteuses.
Tout ça par manque de chance, de réputation et de pub à la télé.
Mais je commençais à croire que els seuls affaires qui me plaisait étaient celles où je me retrouvais dedans à quatre pattes en train de bien la remuer des deux mains.

J'avais remarqué un porte-clé du Blue Beard sur le trousseau de Bergère, c'était là que j'avais commencé à le traquer, et avec le recul, je me disais que ce n'était sûrement pas une coïncidence.
La fausse femme de Bergère m'avait envoyé là bas pour suivre la piste de son mari et de la fausse Vera. Et je me disais que si ce bon Maurice y passait aussi souvent, ce n'était sûrement pas pour exhiber son secrétaire travesti en chanteuse de cabaret.
Quoi que, j'imagine très bien les grands de ce monde organiser une espèce de diner de cons, où ils éliraient le secrétaire le mieux accoutré de la sorte.

Plus sérieusement, le Blue Beard était le genre d'endroit à posséder un petit vestiaire où leur habitués peuvent ranger des affaires personnels, une sorte de cave à cigare comme il est bon ton de les appeler même si la plupart de celles ci n'ont jamais vu de cigares de leur vie.
Le genre très utiles pour planquer des dossiers, ou bien pour faire passer des informations en toutes discrétions. Et surtout plus sur que les coffres de banque par rapport à la brigade financière, mais accessoirement aussi pour les braqueurs.

J'avais donc axé mon pas vers les quartiers huppé, histoire d'aller tailler la bavette une fois de plus avec le sympathique loufiat du Blue Beard qui m'avait rencardé sur mon homme.
Mais alors que j'arrivais dans les hauteurs, un divin parfum familier vient emplir mes poumons.
Un subtil mélange d'alcool flambé et d'eau bouillante dans la vapeur d'eau maintien en suspension les effluves alcoolisés.
Le doux parfum enivrant d'une Blue Blazer.
Malheureusement je du déchanter très vite lorsque je vis une épaisse fumée s'élever au dessus des toits éclatants des luxueuses demeures du quartier, car j'arrivais une fois de plus avec un métro de retard. Le Blue Beard était la proie aux flammes, et c'est sa cave de whisky d'exception qui emplissait l'air de ses saveurs dans un requiem olfactif.
Me menacer allait encore !
Me tirer dessus pouvait aussi passer !
A la limite refroidir ma proie aurait pu m'énerver !
Mais s'en prendre à du Whisky de cette valeur ... cette fois ci ils avaient été trop loin !
Je ne pouvais plus les laisser continuer plus longtemps leurs folies.

jeudi 31 janvier 2008

Episode 23 : Il pleure, il pleure Bergère

J'avais peut être fait une énorme connerie de rester, mais la demi-heure que la basse-cour m'avait laissé avant de débarquer, m'avait quand même permis d'inspecter les lieux du crime.
J'aurais bien emporté quelques preuves, d'ailleurs elles n'auraient manqués à personne, et sûrement pas aux clanpins qui allaient s'occuper de l'affaire, mais je me suis dit que c'était encore un coup à me retrouver au frigo le temps qu'ils comprennent que je n'y suis pour rien.

Malgré la violence du geste le boulot avait été fait proprement, enfin si l'on excepte la mise en scène avec les tripes et le sang. Bergère devait déjà être mort avant que le tueur se décide à contempler sa beauté intérieure. D'ailleurs pourquoi lui avoir ouvert le bide comme un cochon façon tirelire, si il cherchait ses économies il aurait mieux fait de canifer le matelas.
On lui avait vidé l'estomac, et j'étais sur le point d'en faire autant.
Admettons que Bergère est avalé quelque chose de travers, je doute que la manoeuvre de Heimlich préconise l'utilisation d'objets tranchant.
Puis tout ce sang, ce n'était pas naturel, il avait selon toute vraisemblance été éparpillé pour couvrir quelque chose, et je constatais qu'il avait bien fait son office.

Ses clés traînaient dans la mare de sang, elles semblaient bien éloignés du corps pour être tombées là par hasard, j'y reconnaissais vaguement l'emblème du Blue Beard rougit d'hémoglobine accroché à l'anneau qui le maintenait ensemble.
Outre la paperasse, j'avais remarqué une chaîne près du lit, le genre de chaîne que l'on accroche à son cou, et elle semblait avoir été arraché au vu du fermoir.

Je n'eut pas eu le temps d'inspecter plus en détail lorsque des bruits d'une foule au pas de courses se fit entendre dans les escaliers. La bleusaille s'était vite ramener pour une fois.

" Daddybear, je m'étais toujours d'y qu'un jour où l'autre je retrouverais ton cadavre dans un endroit comme celui là, faut croire que j'arrive trop tot tu m'as l'air encore frais pour un macchabée. "

Ca c'était la douce voix du Commissaire Divisionnaire Fromell, elle était aussi suave qu'une pelleteuse creusant la terre et claquait comme le couvercle d'un cercueil. Je dois dire qu'il ne me portait pas vraiment dans son coeur, faut dire qu'il n'y laissait pas beaucoup de place pour une autre personne que lui. Si l'on pouvait s'étouffer d'orgueil, Fromell serait devenu bleu depuis un bail.
Il était mon supérieur lorsque je m'étais égaré chez les flics, et il avait tout fait pour que je retrouve mon chemin. A vrai dire je lui devais peut être une fière chandelle de m'avoir fait viré.
Quoiqu'il en soit Regis Fromell, n'avait pas obtenu sa place par hasard. Il était bon, peut être pas autant que moi, mais il se défendait plutôt bien comparé à la masse de nullard et d'opportunistes qui avaient échoué à des postes semblables.
Je ne regrette vraiment pas de ne pas avoir obtenu cette promotion, car quitte à devoir cirer les pompes, autant le faire sur la grande place, là au moins ça aurait été plus gratifiant, et sûrement mieux payer.

" Commissaire " le saluais-je en soulevant le bord de mon chapeau.

" Je suis presque rassuré de vous voir ! Car ça signifie que quelqu'un prends le cas Bergère au sérieux ! Malheureusement pour lui c'est un peu tard comme vous pouvez le constater "

La fine équipe mené par Fromell commençait déjà à investir les lieux et à relever les indices. Ce dernier restait prêt de moi, cherchant un moyen d'entamer l'interrogatoire de manière courtoise.

" Daddybear, je suppose que tu ne serais pas assez stupide pour rester dans le coin si t'étais mêlé à tout ça ! "

Je lui souris et répondis avec la plus grande amabilité.

" Tu pense bien ! J'ai fait gaffe de ne toucher à rien pour que tu n'aies pas une excuse pour me coffrer "

" Alors qu'est ce que tu fout là ? "

Je redoutais cette question, je devais en déballer assez pour satisfaire ce croquemort, mais pas trop pour ne pas risquer de me voir mettre sur la touche. Et ce lascar était balèze lorsqu'il s'agissait de faire parler les morts. Alors je décidais de me mettre à table en me laissant une marche de manoeuvre.

" Tu dois être au courant de mon altercation avec les fédés ! Donc tu dois savoir que je cherchais Bergère pour mes affaires bien que les costards cravates me l'ai interdit. Je doute que je revois la personne qui m'a engagé pour le retrouver car depuis je sais qu'elle n'est pas celle qu'elle prétendait. Je voulais trouver Bergère pour lui faire part de mes découvertes, enfin je ne peux pas dire que je sais grand chose, plutôt que beaucoup de personnes cherchaient à lui faire refaire surface, mais d'autres préféraient le voir enfoncer dans la vase. Et à première vue les seconds ont gagnés. Ce n’est pas que je tenais tant que ça à m'enfoncer plus dans cette histoire, mais j'étais déjà au milieu en train de subir le feu des deux camps. Je cherchais juste à obtenir des rencards à la source. "

Fromell écoutait dans un silence de mort mes propos. Je lui recommandais d'interroger Vera / Leopold Gaultier, qui en savait sûrement bien plus que moi. Mais l'oiseau s'était envolé très vite, sûrement par peur d'être la prochaine proie du chasseur.
Quand il recommença à parler, à moitié pensif, le commissaire me suggéra de repasser ce soir au commissariat, afin de parler " au calme ".
Fromell n'était pas du genre à me faire des fleurs, ça aurait du m'inquiéter, mais à vrai dire le simple fait qu'il veuille s'entretenir avec moi au sujet de l'affaire me faisait froid dans le dos.
Selon toute probabilités, il en savait plus que moi, et sa soudaine sympathie me laissait croire, que j'étais dans une merde bien plus noire que je le pensais.

jeudi 24 janvier 2008

Episode 22 : V'là les flics !

Je toussotais poliment pour attirer l'attention de la demoiselle, ou du monsieur, à vrai dire j'avais encore du mal à me prononcé sur la question.
Elle me regarda et me sourit poliment en déclarant : " je suis à vous dans quelques instants ", ces quelques mots pourtant banal pouvait prendre un autre sens en songeant au lieu où je me trouvais et aux activités que les jeunes femmes d'ici pratiquait.
Je fut vite tirés des ces horribles pensées par le bruit de tassement du papier.

Tout en rangeant, des documents dans un dossier, elle me demanda : " Que puis je pour vous monsieur ... "

" Daddybear, Ronan Daddybear " lui repondis-je.

" Et bien monsieur Daddybear, je vous écoute ! " s'exclama t elle en joignant ses mains pieusement devant elle.

Je ne savais pas trop quoi lui dire, je n'étais pas certain de qui se trouvait devant moi, mais je n'avais rien à perdre, et si par malheur c'était vraiment une hôtesse de chez Phillis, elle ne panerait rien de toute façon.

" A vrai dire je ne sais pas trop où commencer ! Je suis ici car je recherche doublement une certaine Vera, qui aurait été vu avec un homme semblant très recherché en ce moment, et dont le nom est Maurice Bergère. Et cette même Vera serait la soeur d'une petite frappe locale, voir chirurgicale, et travaillait au Blue Beard. Mais même si je pense que vous soyez la première, j'ai un gros doute en ce qui concerne vos rapports avec la seconde. "

J'avais remarqué qu'elle avait tiqué au nom de Bergère, pas quelque chose de flagrant, tout juste légèrement perceptible dans sa sérénité apparente. Elle resta immobile et m'invita à développer le bit de ma visite.

" Et que lui voulez vous à cette Vera, Monsieur Daddybear ? "

Sa contenance me désarmait, j'avais l'impression d'être face à un psy essayant de scruter mon esprit, voir même un prêtre tentant de disséquer mon âme damnée.

" Et je pense qu'elle pourrait me permettre d'entrer en contact avec Monsieur Bergère, dont l'ex femme morte depuis six mois m'a demandé de retrouver la trace il y a deux jours. J'aimerais m'entretenir avec lui des menaces de mort que j'ai subit d'un asiatique très convainquant, d'une fusillade dont j'ai été la cible devant une église, d'un interrogatoire très musclés de fédéraux qui se servait de son nom pour appâter un tueur. Et éventuellement des récentes disparitions d'oeuvres d'art au musée de la ville où il avait l'habitude de faire des dons discrets "

Elle n'avait pas sourciller d'un iota, se contentant d'un " je vois " approbateur.
Elle se leva et rangea quelques dossiers présents sur son bureau dans des meubles prévus à cet effet, puis s'approchant de moi tout en se frottant les mains de manière pensive.

" Bien, je pense que je peux vous croire Monsieur Daddybear, vous voilà mêler à une affaire fâcheuse, comme vous devez vous en doutez "

Puis il me tendit la main, et serra la mienne de manière très révérencieuse.

" Je me nomme Leopold Gaultier, je suis en quelque sorte le secrétaire particulier de Monsieur Bergère, je l'aide dans différentes taches administratives et bien d'autres domaines, encore plus maintenant qu'il n'ai plus libre de vaquer à ses affaires en toute quiétude. "

Il s'interrompit un moment, tout en se dirigeant vers la porte.

" Le fait que vous essayez frapper à la bonne porte en dépit des mesures que nous avons mis en place pour assurer la sécurité de monsieur, me montre que vous avez de la ressource, et que vous pourrez probablement nous être utile dans tout ceci. Je vous avoue que les personnes sur lesquels nous pouvons compter en ce moment ne sont pas nombreuses, en tout cas leur nombre est plus qu'insuffisant. Mais d'après ce que je peux en juger, vos motivations ne me sembles ni vénales ni mauvaises, et vous pourriez devenir un atout de poids pour nous."

Il s'arrêta une nouvelle fois de parler tout en me fixant d’un regard profond comme pour me scruter un dernière fois. Et il ouvrit la porte.

" Mais Monsieur Bergère vous l'expliquera mieux que moi, veuillez me suivre "

Je suivis donc le secrétaire de Bergère, non sans une appréhension lorsque nous montions les escaliers pour rejoindre les parties "intimes" de la demeure, où bon nombre de râles y jouait une symphonie plutôt glauque.
Il frappa à l’une des portes les plus éloignées et l’ouvrit avec révérence tel un majordome.
Je ne m'attendais pas au grand luxe il est vrai, mais pour une chambre elle était vraiment mal entretenu. En revanche pour une boucherie, elle était vraiment dans le ton, avec tout autour du lit, les tripes et le sang d'un Bergère égorgé et éventré comme un porc au dessus.

Le hurlement de Vera-Leopold me fit me retourner juste à temps pour le voir déguerpir à tout allure, je crois que la scène avait eu raison de son flegme.
Moi même j'étais tiraillé entre mon instinct me hurlant de partir à toutes jambes et ma raison me susurrant de ne pas oublier d'effacer mes empreintes en refermant la porte avant de le faire.
Mais c'est l'abruti fini qui sommeillait en moi qui a eu le dernier mot en faisant appelés les flics dans la minute.

Et en à peine une demi-heure, ils avaient investis les lieux et commençaient à me cuisiner. A croire que certains étaient déjà sur place.

jeudi 17 janvier 2008

Episode 21 : Qui Verra Vera ...

Lorsque Phillis me lança un " salut mon mignon " à pleine dent, je sentis un frisson glaciale me parcourir ma colonne vertébrale.
Ce n'était pas tant la phrase qui m'avait choqué mais plutôt sa manière de le dire, j'avais eu l'impression d'être un petit enfant grassouillet devant un ogre baveux.
Mais l'ogre j'aurais pu en faire mon affaire et lui péter ses dents, mais dans le cas de Phillis j'avais plus peur que ses dents me pétent à la gueule.
Je la saluais du bord de mon chapeau, et en venait directement au fait en lui demandant où je pouvais trouver Vera.

" Hum t'es pas trop dans le genre des client de Vera mon beau, c'est qu'elle reçoit que sur rendez vous la petite, elle est très demandé. C'est marrant mais toi je t'imaginais plus avec des femme à poigne, plus viril " me dit elle avec un clin d'oeil qui en disait long et qui me faisait plus flipper qu'un canon pointé sur ma tempe.

" Non, non Vera sera parfaite, on me l'a recommander, elle connaît des choses que peu d'autres savent ! " lui répondis je en laissant plané le mystère un grand sourire sur mon visage.

Elle pris un air bougon et m'expédia : " si c'est ce que tu veux mon chou ! tu la trouvera dans un salon privé au fond à droite, tu ne peux pas le louper, c'est celui avec l'étoffe rouge marqué Vera "
Et alors que je m'éloignais elle ajouta pour mon plus grand dégoût : " Et si tu change d'avis, tu sais où me trouver "

Je me frayais un chemin comme je pouvais vers le fond de la salle, quand alors que j'atteignais enfin mon but, je fut comme aspiré par le vide dans le couloir réservés aux salons privés.
Il faut dire que l'endroit ressemblait au désert comparé à la jungle de la salle principale.
Quoiqu'il en soit je ne mis pas longtemps à trouver la loge de la dénommée Vera.

Je frappais à la porte où une vois suave m'invita à entrer, et à prendre un siège.
Je dois dire que la loge de Vera était loin d'être ce que je m'imaginais des salons privés, en effet, bien que ma mère exerçait dans la rue, la vague description qu'elle m'avait faite de ce genre d'endroit ne correspondait absolument pas à l'image d'un bureau de comptable.

Une chose était sur, les description de Vera n'était pas erroné, Vera n'était pas seulement une belle femme, c'était une très belle femme. Et ses petites lunettes rondes lui donnaient à la fois un aspect sévère et sécuritaire.
Son menton carré, provenant sûrement de la même souche que celui de son frère Miguel, n'arrivait même pas à entaché sa rayonnante beauté.

Malgré tout, assis là, en face d'elle, en silence pendant qu'elle rédigeait je ne sais quoi avec l'application d'un enlumineur, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'une chose clochait.
Après l'avoir contempler un long moment, je ne pouvais me rendre à l'évidence, cette Vera, n'était probablement pas la Vera de Miguel, car même si ce dernier était vraiment bas de plafond, il aurait remarqué que sa soeur était en réalité son frère.

jeudi 10 janvier 2008

Episode 20 : depeint des beaux seins

Chez Phillis était plus qu'un cabaret, c'était une institution et le quartier des dogmes était le lieu de prédilection où toutes les institutions se rencontraient. Et tôt ou tard, leurs représentants finissaient tous par se retrouver Chez Phillis.
L'explication qu'aucune administration n'avait demandé la fermeture de l'établissement tenait peut être à cela en un sens, car malgré tout, Chez Phillis avait le même effet sur le quartier des dogmes, qu'une verrue sur le visage d'un top model.
On ne pouvait pas le louper et même si ce n'était pas beau à voir, on ne pouvait s'empêcher d'avoir les deux yeux rivés dessus.

Les avocats, les juges, les prévenues, les prêtres, tous pouvaient trouvés ce qu'il cherchaient en ce lieu de perdition.
Du spectacle pour sur avec leurs danseuses autant habillées qu'un mouton après la tonte.
De la débauche, avec des filles plus ou moins jolies selon le montant de votre bourse ou ce que vous etes prêt à débourser. Voir des hommes pour ceux que ça intéresse, et des travestis pour les indécis ou pour ceux qui y avaient mal regardés.
C'est à dire ceux qui venaient Chez Phillis pour la première fois car il y avait surtout des travestis.
Puis il y avait même kiki, une chèvre qui, selon la maîtresse de maison, produisait un lait de première fraîcheur, et à l'occasion satisfaisait les moins argentés.

On aurait pu qualifié ce lieu de maison de passe, bien que certains ne faisait pas qu'y passer. Et la plupart ramenaient souvent chez eux des petits cadeaux dont ils se seraient bien passés.
Mais la luxure n'était pas le seul vice présent ici, il y avait aussi le jeu, poker, pari en tout genre ou tout autre amusement basé sur le principe de vider les poches des participants était pratiqué sans scrupules.
Ce qui donnait souvent lieu à des bagarres pour le plus grand plaisir des habitués.

Et cerise sur le gâteau, l'établissement possédait une cave à vin à faire pâlir le plus grand restaurant de Manhattan, dont un pur malt 20 ans d'age en provenance direct d'un petit producteur d'écosse de toute merveille.
Autant vous le dire, pour ce lieu avait un petit goût de paradis.

J'avais du esquiver quelques coups pour approcher du bar où des cols blancs à moitié saoul s'encanaillait avec ce qu'ils croyaient être des filles faciles.
Je congédiais rapidement le barman, un grand black bodybuildé qui ne semblait portés rien d'autres que son string et un nœud papillon. Et encore je n'avais pas osé baisser le regard pour vérifier pour le string.
Je me faufilais tant bien que mal en direction de la caisse que la tenancière de l'établissement surveillait d'une main de fer et d'un regard d'acier.
Phillis n'était pas ce que l'on pouvait appeler une belle femme, mais elle était toujours mieux que ce qu'elle était sans son maquillage et sa perruque en tant qu'homme.
Lorsqu'elle me sourit je me suis dit qu'elle possédait la meilleure défense contre tout braquage que l'on pouvait imaginé.
Ses chicots tout écartées et en parties cariées, pour celle qui étaient encore dans sa bouche avaient de quoi repousser le plus aguerri des bandits.

jeudi 3 janvier 2008

Episode 19 : ça marche !

J'avais passé le reste de la nuit à gamberger sur l'affaire. Bergère semblait être la clef de voûte de tout ce ramdam, malheureusement après mon accrochage avec les fédéraux, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il était de bon augure pour moi d'aller mettre mon renifleur dans leur affaire.
Si je ne pouvais pas compter sur la piste Bergère il ne me restait que peu d'option, la gonze Vera, que je pouvais rechercher en toute innocence pour le compte de Miguel, ou bien rebondir sur le reste des généreux donateurs du musée en furetant du coté des noms de la liste officieuse.
Dans le cas, ce ne serait que pur hasard si je me retrouvais dans les pattes des costards cravates du bureau, et je pourrais leur prouver ma bonne foi sur le fait que je n'enquête plus sur Bergère.

Quoiqu'il en soit, je m'étais tout juste engagé en bas de chez moi, sans vraiment avoir pris de décision sur ma destination, qu'un de ces bons dieux de rat volant me repeignit mon imper de son dernier déjeuner.
Et cela présageait encore le début d'une journée de merde.

Ce n'est pas que je crois au signe, mais je ne me sentais pas à aller toquer à la porte des ronds de cuir avec une chiure sur le paletot. Enfin ce n'est pas que ça me dérangeait outre mesure, car on ne pouvait pas dire que mon look général en pâtissait plus que ça. C'est juste qu'après la soirée d'hier, je n'avais pas trop envie qu'on me lâche des chiens aux miches.

Je me contentais donc de Vera et de la maigre piste qu'elle laissait dans le quartier des Dogmes.
Je ne me souvenais plus trop de la dernière fois où j'y avais foutu les pieds, ce n'est pas trop parceque ça faisait un bout de temps, mais plutôt car ce jour là j'étais tellement imbibé que je ne me souviens à peine du mois qui a suivit. J'avais d'ailleurs écopé de quarante jours de vacances au frais, payés par l'état, pour ébriété avancé sur la voie public et outrage à agent et à la cour. Je ne peux pas vraiment dire que c'était les plus belles semaines de ma vie, mais c'était loin d'être les pires.

Quoi qu'il en soit mes pas m'avaient conduit peu à peu dans les rues avoisinant les divers tribunaux. Je ne savais pas trop par où chercher, le quartier n'était pas très vaste, ni très animé, à part peut être à leur du déjeuner. Mais je pensais bien qu'une chanteuse de cabaret se remarquerait facilement au milieu de tous les magistrats qui parcouraient les rues.
En un sens je n'avais pas tout à fait tort, car j'ai très vite repéré une demoiselle qui aurait pu faire l'affaire. C'est lorsque j'en aperçu une deuxième en m'approchant d'elle que j'ai commencé à me dire que j'avais peut être omis un détail.
Mais c'est au moment ou une troisième sortie du bâtiment qui me faisait face en interpellant les deux autres que j'en ai eus l'intime conviction.
La certitude ne m'est venu que lorsque mes yeux se posèrent sur l'enseigne au néon rose fluo, indiquant le cabaret portant le doux nom de chez Philis

jeudi 20 décembre 2007

Episode 17 : En résumé, on s'en sort comme on peut

J’essayais tant bien que mal de me remémorer le fil de la journée. Ce matin une femme se faisant passer pour la Mère Bergère venait me trouver avant mon petit-dej' liquide afin que j'alpague son mari avant qu'il ne se carapate avec une donzelle de cabaret et accessoirement sa fortune.
Miguel, un petit délinquant notoire, qui n'avait de petit que sa cervelle, m'avait secoué comme un shaker pour que j'accepte de retrouver une certaine Vera, prénom qui corresponds à la prétendue maîtresse de Bergère.
Après j'avais été ouvertement menacé par un asiatique qui avait foutu le boxon dans mon bureau, il était là pour me recommander de rester en dehors de l'affaire Bergère, pour une fois j'aurais du écouter les conseils que l'on me donnait.
Et comme si ça ne suffisait pas, mon ex-femme Debra me demandait un coup de main dans une affaire d'objets d'art disparu. Et comme à chaque fois avec Debra ça se terminait devant l'église au milieu d'une fusillade.
Enfin son vieux m'avait quand même filer la liste officieuse des donateurs de son musée, un ramassis de gens qu'il vaut mieux éviter de côtoyer : Et comble de l'histoire Bergère était sur cette liste.
Mais maintenant cette dernière était avec mes effets personnels entre les mains des fédéraux.
Ceux là même qui venait de m'attraper en train de tenter de pénétrer dans la planque où je supposais que Bergère était caché.

Je dois dire que refaire défiler la journée dans ma tête me permettait d'y voir un peu plus clair.
Beaucoup de chose semblait tourner autour de Bergère, même si certains vous diront que la ville entière tournait autour de Bergère.
Je tentais de m'expliquer avec les fédés, ce n'était pas chose facile, je ne m'étais pas vraiment montrer coopératif et ils me le rendaient bien.
Mais j'avais un défaut encore plus grand que mon sens de la repartie, j'aimais bien comprendre les choses, surtout lorsqu'elles essayent de m'embrouiller.

Je réussissais à déduire pas mal de trucs, si les costards cravates avaient monté une fausse planque pour protéger Bergère, c'est que ce dernier était en danger.
Et visiblement, j'avais été engager pour ouvrir la voie du vrai tueur, à la fois pour trouver Bergère, mais également pour tomber dans les éventuels traquenards à sa place.
Ils avaient bien joué leur coup et j'étais tombé dans le premier piège à con venu.

Mais les fédés ne voulaient pas me lâcher pour autant, ni me lâcher des infos.
Surtout qu'ils avaient eu le galopin que j'avais soudoyer, ce dernier n'avait pas réussit à les semer et me mettait tout sur le dos pour s'en tirer.
Entre la parole d'un gamin et celle d'un privé, il préférait croire le gosse ... putain de boulot, personne ne nous fait plus confiance ... et je ne peux pas vraiment leur donner tord.

Quoiqu'il en soit après plusieurs heures entre leurs mains, je n'étais pas plus avancé, la hiérarchie se renvoyait la balle pour statuer sur mon cas. Finalement le chef du chef du chef du chef du sous-chef du pas tout a fait sous-chef mais presque de l'officier qui m'avait appréhender, estima enfin que je n'avais rien à voir dans leur histoire.
Néanmoins dans le doute, on me conseillait de ne pas quitter la ville et de rester disponible à tout e convocation de leur part.
Pour ma part en sortant de leur bureau je n'espérais qu'une seule chose, rester vivat assez longtemps pour m'extirper de cette histoire.

( à suivre : désolé pour le retard, cause de grippe )

jeudi 6 décembre 2007

Episode 16 : Attaches à taches, quand tu nous tiens

Une brusque sensation de froideur et d'humidité me tira du coltard, il faut dire que je venais de me prendre une bassine de flotte à la gueule, enfin j'espèrerais que c'était bien de la flotte, faut s'attendre à tout avec le genre de tordu qui vous font ça.
Malgré tout j'étais toujours un peu dans le cirage, c'est le genre de truc assez fréquent lorsque l'on vous malmène l'arrière du crâne avec un grand coup. Et il pouvait bien me déverser l'Hoover Dam sur le coin de la tronche, ça ne m'aurait pas aidé à retrouver mes esprits plus vite.

Enfin ça ne m'empêchait pas de reconnaître la gêne caractéristique qui maintenait mes mains derrière mon dos. Ce n'est pas que j'ai été menotté très souvent, mais c'est le genre de chose que l'on oublie pas, surtout lorsque c'est au lit avec une charmante créature, avant qu'elle ne se barre en vous tirant votre larfeuille et en vous laissant comme un con à la merci du premier salopard de photographe venu.
Si Blacker savait ça ... merde j'espère qu'il ne le sait pas ... C'est Blacker, obligé qu'il le sait, je suis foutu !

J'avais d'autre chat à fouetter dans l'immédiat pour me soucier de ça. Je jetais un oeil autour, pas de trace de Bergère, mais deux types en costard qui examinait ce qui se trouvait quelque temps plus tôt dans mes poches.
Le temps, je me demandais bien combien de temps j'étais resté sonné, à juger par la nuit tombante dehors, j'aurais dit une heure, peut être moins. Et la nuit promettait d'être longue.
Dans ce genre de situation il vaut toujours mieux faire profil bas, mais j'ai toujours eu du mal à fermer ma gueule, c'est bien pour ça que les flics n'ont pas voulu me garder, je ne fermais pas les yeux sur les bons trucs.
J'allais me risquer à une petite remarque quand la porte de la chambre s'ouvrit, encore un costard cravate, mais celui là avait les tempes grisonnantes qui lui donnait un air de chef, enfin ça venait peut être aussi du fait que les deux autres trouduc s'était mis au garde à vous.

Dans mon métier faut mieux apprendre à se faire une idée des gens en un seul coup d'oeil, et mon instinct me disait que ce mec ci n'était pas un tendre, pas le genre à avoir le sens de l'humour.
Mais on ne se refait pas.

" Ha enfin !!! J'avais commandé un pain chaud " lançais-je au nouvel arrivant, avant de me prendre une droite bien lourde en pleine poire.
" Y a pas à dire, le service d'étage laisse à désirer " concluais-je en crachant par terre.

Le gradé se planta devant moi, l'air hautain " alors comme ça on veut faire le mariole ? On aime plaisanter ? Mais moi aussi j'aime rire, et je sens que bientôt je vais me fendre la tronche, enfin bien moins que la tienne ! "

Il se retourna vers les deux guignols, et leur demanda ce qu'ils avaient trouvés. Selon leur dire pas grand chose, des papiers, des clopes, un briquet, une paire de gant rien de bien répréhensible en somme.

" Je crois que l'on a affaire à un malin les gars, à un mec de la vieille école " dit il en rigolant.
Puis il approcha son visage de moi, son haleine était la pire des tortures que je pouvais subir, je l'aurais supplier de me frapper pour pouvoir éloigné sa tête le plus loin possible de la mienne.

" Tu pensais quand même pas me berner si facilement ? Je vois clair dans ton jeu ! Tu comptais zigouiller Bergère à mains nues ? Comme ça avec tes gants, pas d'empreintes ! T’es du genre vicelard toi ! T’aime voir tes victimes dans le blanc des yeux je pari ! Ouais je ne m’y trompe jamais, je sais reconnaître un sociopathe dès que je le vois. Et toi tu as vraiment l'air d'en vouloir à la Terre entière. Aller vas y dis moi pour qui tu bosse, qui t'as envoyé tuer Bergère ? Parle ! Qui ? "

Il me disait de parler, mais il ne me laissait pas vraiment l'occasion de l'ouvrir pour dire plus d'un mot

" l'oignon " dis-je rapidement

il enchaîna aussitôt : " l'oignon, l'oignon, je n'en ai pas entendu parler, c'est le surnom d'un des hommes de Marconi, je suppose, vas y parle qui c'est cet oignon ? "

Je me redressais sur mon siège comme je pouvais et continuais mon show.
" je me disais juste que vous aviez du manger pas mal d'oignon au dîner, et comme lui vous en tenez plus d'une couche ... "
C'était peut être la phrase de trop, car le coup qui suivi me fit décoller les miches du siège.

" Ce que je veux dire, c'est qu'il y a mal donne, je suis pas un porte-flingue, mais un privé, j'ai été engagé pour retrouver Maurice Bergère, pas pour le liquider. "

" Et tu pense que je vais te croire sur parole " me postillonna t il au visage.

Je lui rétorquais qu'il n'avait qu'à demander à la femme de ce dernier, c'était elle après tout qui m'avait payé une petite fortune pour lui mettre la main dessus ainsi qu'à sa maîtresse.
Mais mon tortionnaire m'appris que la vieille rombière de Bergère avait cassé sa pipe il y a plus de six mois.
Et c'est bien la première fois que je regrettais de ne pas avoir lu les pages mondaines de mon canard plutôt que celles de sport, car si je l'avais fait, je ne serais pas dans cette merde aujourd'hui.

jeudi 22 novembre 2007

Episode 15 : Le calme avant la tempête

Quelque chose ne tournait pas rond dans le quartier, ou plus justement il n'y avait rien d'étrange et ça, c'était loin d'être normal.
Pour tout ceux qui ont vécu à Old Swamp assez longtemps c'est une évidence, et d'un certain coté c'est peut être même l'un des seuls attraits touristique de la ville, il se passe toujours quelque chose d'inhabituel dans les rues.
Par exemple Rhésus représentait à lui tout seul l'attraction la plus importante du quartier des temples.
Le Bar " Chez Philis ", tenait le tête d'affiche de nombreux guide en ce qui concernait le quartier des dogmes, il faut dire que sa renommé dépassait les frontière des l'état avec tous les hommes d'affaires qui passaient dans le coin et qui n'hésitait pas à venter l'incongruité de cet établissement à deux pas des tribunaux.

Mais là il n'y avait rien, pas un ivrogne élucubrant à la sortie d'un débit de boisson, pas un mafieux venant prélevé l'assurance chez les commerçants du coin, pas de chauffards déboulant à toute allure dans la splendide ligne droite que représentait la rue.
Et le pire dans une rue aussi calme, pas un flic pour venir s'y planquer.

C'était louche pour sur, je ne sais pas qui les fédéraux planquaient ici, mais c'était un gros gibier.
Le genre de bête capable de faire taire tous les animaux du quartier.
Et honnêtement ça me foutait aussi les jetons.

J'avais repéré trois gus qui avaient le bureau tatoué sur le front. Le genre de gars qui se prennent pour des caïds alors qu'on les repère à vingt bornes avec leur costard et leur lunette fumée.
Un stagnait devant l'entrée de l'immeuble un journal tendu devant lui mais les yeux scrutant bien au dessus.
Un autre attendait à l'arrêt de bus en face, mais en avait déjà bien laissé filer deux depuis que nous étions arrivez.
Et enfin le dernier, était assis à la terrasse d'un café au coin de la rue, surveillant les allées et venus des flâneurs du quartier.

Je décidais d'envoyer Mulot en reconnaissance, plus précisément ses mains, le reste de sa personne étant plutôt contreproductif dans la situation actuelle.
En tout cas, je ne l'avais jamais vu sourire autant que lorsque je lui ai demandé de faire les poches des trois fédés.
Je regardais partir Mulot sautillant prêt effectuer sa besogne, j'aurais beaucoup aimé qu'il ai jadis pris tout mes ordres d'aussi bonne humeur.
Pendant qu'il faisait sa ronde, j'alpaguais un gamin, lui faisant miroité un beau gros billet vert de la mère Bergère si il savait courir vite.

En quelques minutes mulot me ramenait son butin, les plaques des agents, leurs portefeuilles contenant quelques papiers sans intérêts mais j'avais enfin la confirmation que Bergère était bien la brebis que l'on cachait dans l'étable.
Il ne me restait plus qu'à faire le loup pour y pénétrer discrètement.

Mulot ne voulant pas lâcher les larfeuilles, je filais les plaques au gamin, lui demandant d'aller narguer les deux zouaves près de l'immeuble et de se tirer aussi vite qu'il pouvait, histoire de les éloigner un peu.
J'envoyais mon pickpocket préféré, distraire le troisième garde, afin de m'assurer de pouvoir entrer en douce.

Aussitôt dit, le plan fut mis en branle, et il se déroula aussi bien qu'espéré, enfin sauf pour le moutard qui, je l'ai appris plus tard, n'était pas aussi véloce qu'il le pensait.
Enfin tout ça fait que je me dirigeais vers l'appart où résidait dorénavant le sieur Bergère, tout en me demandant bien ce que j'allais pouvoir bien dire aux agents le surveillant.

Et c'est bien la dernière pensée qui me traversa l'esprit car une fraction de seconde plus tard, c'était le noir le plus complet.

jeudi 15 novembre 2007

Episode 14 : Qui ne dit maux qu'on sent !

J'aurais pu espérer mieux comme animal de compagnie que Mulot, mais si il fallait fourrer son nez dans les affaires des fédéraux, mieux valait avoir une fouine dans son genre sous le bras.
Et si on devait se faire prendre je comptais sur l'agilité féline de ce dernier, car comme un chat, Mulot retombait toujours sur ses pattes.

J'examinais encore une dernière fois la liste tout en arpentant les rues à la recherche du bon numéro, je dois avouer que ça faisait bien un quart d'heure que je n'écoutais plus ce que me disait mon compagnon de route.
Faut dire que niveau conversation, Mulot savait là aussi se démarquer, qu'importe le sujet sur lequel vous vous engagiez, il finissait toujours par dérivé vers là où vous vous attendiez le moins.
Je me souviens qu'après m'être fais virer, il s'était retrouvé embarquer dans une sale histoire avec des membres de la mafia locale, il avait du faire les poches de la mauvaise personne.
Quoiqu'il en soit ça avait pas mal de bruit chez la flicaille, ce n’est pas trop son kidnapping dans les bureaux même du commissariat mais plus le fait qu'il est été retrouvé vivant.
D'après le récit qu'il m'en a fait, les types voulaient seulement qu'il crache le morceau sur l'endroit où il planquait un truc qu'il leur avait chouré. Le pauvre ne savait même pas de quoi ils parlaient. Mulot ne volait par pour l'objet en lui même mais pour l'acte de voler.


Autant certains peuvent être muet comme un carpe quand on les interroge, autant Mulot répondait à toutes vos questions, malheureusement les réponses ne leur correspondaient que rarement.
En tout cas, les flics avaient mis trois jours à le localiser, ils l'ont récupéré dans un entrepôt solidement attaché à une chaise presque à moitié mort de faim et de déshydratation, Et autour de lui les cadavres d'une demi-douzaine de porte-flingue.
Selon le légiste, ça faisait plus de deux jours qu'ils s'étaient tous entretués.

Les grands pontes de la police ont eu du mal à croire que Mulot puisse être à l'origine du massacre, faut dire qu'ils n'avaient jamais tenté de tenir une conversation avec lui.
Ils l'ont vite compris et se sont dépêchés de classer l'affaire lorsque fut retrouvé l'officier chargé de recueillir sa déposition pendu dans son bureau.
Je crois bien que depuis ce jour Mulot n'a plus jamais été inquiété par la police, et je sais de source sur que les parrains de la Mafia ont interdit à leurs ouailles de s'approcher de lui.

Mulot n'est pas seulement un collègue pour moi, c'est le fil qui me rattache à ma foi. Car si Dieu existe, il a eu l'intelligence de faire de Mulot un incroyant, car si il lui prenait l'envie de se confesser, on aurait vite une pénurie de prêtre sur les bras.

C'est sa main tirant sur la poche de mon imper qui me ramena à la réalité, pour une fois ce n'était pas pour me la faire, mais pour m'indiquer que nous étions arrivé à l'adresse indiquée.
Mais je m'aperçut vite que quelque chose clochait, et j'entraînais Mulot avec moi quelques rues plus loin pour observer.

dimanche 23 septembre 2007

Episode 3 : Au bar, tabasse !

Alors que je foulais le seuil du bistrot, je me disais que si le petit père s'était dégoté une pouliche, c'était sûrement dans ce genre d'écurie.
Mais mes réflexions se firent vite la belle, lorsque mes mirettes furent aveuglées par toutes les dorures du lieu.
Y a pas à dire c'était plus chicos que tous les cloaques dans lesquels j'avais pu échoué.
J'aurais bien voulu m'en jeter un petit derrière le gosier, histoire de me remettre de mes émotions, mais j'avais bien peur qu'un seul ne suffise pas.
Puis je me connais, un petit en entraîne un autre et je finis au petit matin aussi rempli qu'un tonneau.

Puis une voix me ramena à la réalité :

Puis je vous débarrassez ?

Un gars endimanché avait surgit derrière moi sans crier gare, une chance pour lui que je ne porte plus de flingue car c'est le genre de coup à se retrouver avec une bastos dans la tête sans comprendre.
Remarque, si j'avais visé à hauteur d'homme, elle lui serait passée au dessus de vingt bons centimètres.
Il n'était pas à proprement parlé petit, mais j'aurais pu lui bouffé la soupe sur sa tête, et encore en m'asseyant sur une chaise.
Il tendait les bras vers moi, l'air d'attendre que je lui donne quelque chose.
C'était peut-être un bar de bourges, mais ce n'est pas demain la vieille que je confirais quoique ce soit à un mec dans un troquet.

Je haussais les épaules et me dirigeais vers le distributeur de bibine qui secouait son shaker derrière son zinc.
Vu la tête qu'il faisait et l'air dédaigneux qu'il a prit pour me causer, j'ai tout de suite compris que je n'étais pas le genre de la maison, ça ne me gênait, la maison n'était pas mon genre non plus.
Avoir toutes ces bouteilles derrière lui j'étais partagé entre m'en vider une ou bien lui en fracasser une autre sur la caboche, peut-être même les deux en même temps.
Mais je me ravisais et commençait à le questionner sur mon bonhomme.

Je ne sais pas si c'était par conscience professionnelle ou bien par la peur du sujet de notre conversation, en tout cas il n'était pas vraiment chaud pour me parler de mon zig.
Alors histoire de mette les choses au clerc, je lui mentionnais mes anciens amis de la maison poulaga, et qu'une fermeture sanitaire, même si elle se montre infondée par la suite, risquait de faire s'envoler sa clientèle.

Il se tassa derrière son comptoir, si il avait pu il aurait sûrement creusé le sol de ses mains.
Quand je voyais ce que la trouille de Bergère lui faisait, j'imaginais sa tête si il se retrouvait un matin nez à nez avec la femme de ce dernier, car question horreur, je ne m'imagine pas pire cauchemar.
En tout cas j'apprenais ce que je voulais, et les craintes de la dame semblait fondées, car son Maurice semblait resté souvent après la fermeture pour s'entretenir avec une certaine Vera.
Elle avait un petit tour de chant sur la scène du Blue Beard, et ses messieurs de la haute, semblait apprécier autant sa voix que ses charmes.
Bergère visiblement avait été plus loin que de regarder.

J'asticotais un peu le loustic pour en apprendre plus sur la belle.
Cette dernière avait arrêté son show voilà deux jours de cela. Visiblement, elle attendait une grosse rentrée d'argent et je supputais qu'elle allait sûrement venir de ma grosse légume.
C'est à peu près tout ce que ce que cette source pouvait m'apprendre.

Alors que je sortais du bar en remontant mon col, je me disais intérieurement que la mère Bergère ne se contenterait pas de on-dit et d'un nom. Elle voudrait des preuves plus solides contre son mari, mais je ne savais pas où me rendre.
Aucune adresse, aucun indice à exploiter, je me voyais dans une impasse lorsque deux énormes bras m'attrapèrent pour m'en entraîner dans une justement.

Dans la pénombre, je distinguais la trogne de celui qui m'avait attrapé par le paletot pour me plaquer contre un mur.
Miguel Cruz, ce n'était pas à proprement parler un dangereux truand, enfin si on ne considère pas dangereux un mec qui peut vous briser la colonne en deux à main nue.
En tout cas, truand, il ne l'était pas vraiment. C'était plus le genre de mec que l'on embauchait pour des petits boulots nécessitant quelques muscles et peu de réflexion.
Et question muscles, le Miguel avait du braquer l'entrepôt étant gamin, mais ne s'était pas servi de son butin pour troquer quelques neurones.
Si l'on avait du évaluer son QI, il aurait fallu taper dans les négatifs.


Tandis que je luttais contre le manque d'oxygène, il réussit à articuler un semblant de phrase.
" Trouve Vera ! " Qu’il disait ! " Trouve Vera ! "
Si j'avais eu le loisir de respirer je lui aurais bien dit que je la cherchais déjà, malheureusement je n'avais pas ce privilège alors je me contentais d'un hochement de tête pour lui montrer mon accord en espérant que ce serait suffisant pour qu'il relâche son étreinte.

Il sembla se montrer coopératif en me permettant de respirer à nouveau.

" Toi Trouver Vera ? " me questionna t il !

" Ouais ouais moi Trouver Vera " répliquais-je entre deux grands bols d'air.

Il sourit puis s'en alla sans mot dire. Je tentais bien de le retenir et de le questionner, mais vous avez déjà essayer de bouger une montagne ? Tout ce que j'obtenais comme réponse était le propre écho de mes questions.

Alors je m'asseyais là, dans cette impasse, à même le trottoir, tâtant machinalement la poche de mon imper à la recherche de ma flasque de gnole.
Sans succès, pour mon plus grand malheur, car c'était pas un bon jour pour rester sobre.

( à suivre )

vendredi 21 septembre 2007

Episode 2 : Une affaire de moeurs

Je ne savais pas ce que j'avais fait à Dieu pour mériter cette vie, mais une chose était sur : Il m'en voulait beaucoup.

J'aurais bien voulu rester vautré sur mon bureau, mais le cognement incessant sur la porte et ma migraine cabinée, me fit faire une connerie de débutant, j'invitais le client à entrer.

Lorsque l'on voit dans les films entrer dans le bureau d'un privé des poupées moulées dans des robes si serrées qu’elles vous feraient péter l'encolure d'un prêtre, on se dit que ça, ça n'arrive qu'au cinoche.
Et c'est malheureusement vrai.
La mienne pourtant, portait bien une robe qu'on aurait dit greffé sur sa peau, mais ça devait être parcequ'elle pesait près du quintal et qu'aucun tailleur ne devait être en mesure de faire un vêtement à sa taille.

On aurait dit que l'on avait croisé la fiancée de Frankenstein avec bozo le clown, et encore le résultat aurait été plus attrayant.

La pauvre, elle venait me voir, parceque son mari fricottait avec une jeunette.
Si j'avais été franc avec elle, je lui aurais avoué que je comprenais parfaitement le bonhomme.
Micheline Bergère qu'elle s'appelait, Micheline Bergère, non mais, tout homme sensé serait barré en courant en entendant son nom, les plus téméraires l'aurait fait en la voyant débarquer, seul les fous seraient resté, ou bien ceux qui placent l'argent au dessus de tout, car la dame n'était autre que la femme de Maurice Bergère, une grosse légume farci de pognon, et dont l'influence s'étendait bien au-delà des limites de la ville et de la légalité.
Je n'étais pas très chaud à l'idée d'aller fouiner dans les affaires privées du sieur, mais la liasse de billets qui avaient atterri sur mon bureau possédait les arguments que mon banquier appréciait.
Un acompte, elle avait dit, pour couvrir mes premiers frais.
Elle me distribuait ça comme on donne de l'argent de poche à un gamin.
Je n'avais jamais eu d'argent de poche, je n'avais même jamais eu d'acompte, et pour tout dire je n'avais même jamais eu de paye aussi élevée que ce dernier.

J'empochais prestement son aumône et me dépêchait d'écouter son histoire en détail avant que ma raison ne reprenne le dessus.

La mère Bergère avait les pétoches que son doux et tendre portefeuille se barre avec une poule.
Elle s'avait qui fricotait souvent à droite à gauche, mais ça n'allait jamais bien loin.
Là elle s'inquiétait.
Enfin elle s'inquiétait surtout de voir ses finances se faire la malle, et elle voulait que je lui ramène des preuves du délit afin qu’elles lui soient utile pour récupérer sa mise en cas de divorce.

Les affaires d'adultère sont toujours galère, les maris ayant souvent peu d'estime pour les professionnels dans mon genre. Et mon besoin de reconnaissance faisait en sorte que je refusais ce genre d'affaire pour ne pas les décevoir. Particulièrement lors que des costauds ou des hommes influant étaient de la partie, j'ai remarqué que c'était généralement eux les plus irritable.

Quoiqu'il en soit, c'est lorsque l'on a les deux pieds dans la merde que l'on se dit qu'un peu d'oseille pour s'acheter des bottes serait bienvenue.
Et moi, j'avais besoin de cuissardes.

J'arpentais donc les rues des beaux quartiers de Old Swamp à la recherche des lieux, qui selon la Bergère, fréquentaient son époux à ses heures perdues.
Entre un tripot classe stylé cercle de jeux et un club de fumeur de cigare, mon choix c'était arrêté sur un cabaret, le Blue Beard Bar comme il s'appelait.

Alors que j'écrasais ma clope du talon sous la lumière bleu de l'improbable néon, ma raison et mon instinct venaient de se percuter dans ma caboche.

Les histoires qui commencent dans les bars finissent toujours mal.

( à suivre )