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jeudi 3 avril 2008

Episode 32 : Dan et deux dehors

Je déambulais dans les rues le dossier à la main, me demandant bien ce que ce lèche bottes de Fromell avait dans le crâne.
J'imaginais mal ces deux men in black se pointer dans son bureau pour venir prendre un café, et à la manière dont j'avais été éjecté ça ne pouvait signifier que peu de chose.
Soit c'était vraiment du lourd, soit ça concernait ma pomme, et le pire de tout, c'est qu'il était possible que ce soit les deux à la fois.

Pourquoi Bergère avait estimé utile de confectionner un dossier sur moi, je ne le connaissais pas ce type, enfin de nom comme tout les pecnots de cette ville qui ne fréquente pas la haute.
Alors que j'ouvrais la chemise pour essayer d'y trouver un élément de réponse, mon œil fut attiré par une petite note gribouillée en vitesse par la main de Fromell qui disait :
" Garde moi ça au chaud et fait toi discret si tu tiens à ton matricule car c'est encore plus compliqué que je le pensais ! "

ça avait au moins le mérite d'être clair, même si ça ne m'avançait pas beaucoup, car soyons franc, si il s'imaginait que j'allais tranquillement rester dans mon lit, c'est qu'il avait oublier qui j'étais.

Le seul semblant de piste que j'avais en rapport avec Bergère était cette asiatique qui m'avait menacé à mon bureau. Et l'endroit où l'on avait le plus de chance d'en trouver un à Old Swamp, c'était à Chinatown.

A vrai dire, il n'avait rien d'un quartier typique de l'appellation Chinatown, on ne pouvait même pas vraiment dire que la communauté asiatique était plus prononcée dans ce quartier que dans les autres.
Mais c'était rentré dans les moeurs, sûrement car c'était plus facile de dire "Chinatown" que "le quartier commerçant à l'est du centre ville".
Oui car même si les colons asiatiques d'Old swamp n'étaient pas si nombreux, enfin assez pour rivaliser avec la communauté hispanique, on ne pouvait leur nier leur solidarité et leur sens inné des affaire qui leur fait mettre la main mise sur toutes les devantures du quartier marchands.
Pour être franc, ayant connu l'ancien quartier durant mon enfance, je ne pouvais nier que l'on y avait vraiment gagner en qualité de service.
Et je dois dire que mon imper avait même connu une deuxième jeunesse après avoir fait connaissance avec le vieux Chen.

La seule chose que je reprocherais à ce quartier aujourd'hui c'est qu'il n'y ai plus de débits de boisson convenable, et peut être également que c'est ici que j'avais rencontré Debra.

Cela faisait maintenant un bon moment que j'arpentais les rues du quartier sans trop savoir ce que j'y cherchais, je n'imaginais pas tomber sur mon lascar au détour d'un immeuble, ça aurait été trop beau.
Mais néanmoins j'avais comme la désagréable impression d'être suivi.
A vrai dire j'avais ce sentiment depuis que j'avais quitté le commissariat, et la nuit tombante n'arrangeait rien.
J'airais peut être mieux fait de suivre les conseils de Fromell et de ma planquer quelque part.
En tout cas c'était mon poursuivant qui se planquait bien je n'arrivais pas à le repérer.

Alors que j'avançais dans l'ombre crépusculaire tout en jetant des coups d'oeil discret derrière moi, je sentis quelque chose me chatouiller la gorge et venir se planquer tout près dans un vrombissement métallique.
Je n'eus pas vraiment le loisir de regarder ce que c'était car une demi douzaine d'illuminés en pyjama noir vint se planter tout autour de moi en faisant des cabrioles tout en poussant des cris de caniche castré.

Mais alors que je pensais en avoir fini avec ce numéro de cirque digne des singes savants, et accessoirement être fini tout court, lorsque deux silhouettes sautant du haut des murs voisins se découpèrent dans la lune pour venir se poser à coté de moi.

jeudi 27 mars 2008

Episode 31 : Privé de dossier

Fromell venait de larguer sous mon nez un dossier ou était annoté mon nom. il avait balancer ça avec un regard situé entre l'amusement et la crainte, le genre de regard que l'on a lorsque l'on jette une boule puante en se disant que l'on va bien se marrer mais tout en craignant un vent contraire.

Je m'emparais de la chemise et l'ouvrit, feuilletant les quelques documents qui en composaient le contenu. Et à première vue, tous parlaient de moi.
J'avais un peu l'impression d'être une star, c'est vrai qu'un dossier planquer dans le double fond d'un tiroir du bureau d'un commissaire d'Old Swamp, c'était moins glamour que sa photo sur une plage à la une d'un magasine à scandale.
Mais je m'en contentais, d'autant plus que j'aurais moyennement apprécié de voir ma tronche étalé ça et là dans les salle d'attente et autre salon de coiffure.

Je dévisageais un instant Fromell, c'est sur qu'il avait une dent contre moi, mais je le voyais mal passer son temps libre à élaborer une biographie détaillé sur ma personne. Je l'interrogeais donc en rejetant la pochette sur le bureau: " C'est quoi ça ? "

Un sourire narquois se dessina sur son visage, puis il me répondit : " j'aurais bien aimé que tu le dise. On a trouvé ça dans le cabinet du secrétaire de Bergère chez Phillis. Visiblement ce dernier s'intéressait à toi ! Il y a la dedans toute ta vie, tes habitudes, tes petits secrets ... du travail soigné. Et vu la lettre manuscrite qui est dedans, il te cherchait activement. "

Je repris le dossier et chercha la lettre en question. Plus qu'une lettre, ça ressemblait plutôt à un ordre. Une partie m'interpella :

" ... Il pourrait être notre homme, alors retrouvé le et ramener le moi au plus vite. Si vous souhaiter me contacter, passer part les voies habituels.
Et dépêchez vous, le temps nous manque ! "

Le mot était daté d'il y a 2 jours, et l'idée que Bergère et moi nous nous courrions après mutuellement depuis le début avait dans mon esprit un petit goût d'ironie.
Tout en remettant la lettre à sa place, j'avisais le commissaire.
" Et en quoi ça peut nous aider. J'ignore totalement ce qui le poussait à me rechercher."

Fromell restait silencieux tout comme moi, à réfléchir à la situation.
J'étais aux trousses de Bergère pour l'oseille, enfin au début, car après je voulais juste lui demander pourquoi j'avais été menacé par cet ...

" … asiatique menaçant ! ", ça me sorti de la bouche comme un souffle.

Le commissaire me regarda d'un air interrogateur. Je m'empressais de lui donner une explication.

" Il y a quelques jours, alors que je commençais à fouiner à la recherche de Bergère, j'ai trouvé un asiatique en train de fouiller mon bureau, je ne sais pas ce qu'il cherchait mais il m'avait demandé de laisser tomber l'affaire Bergère. et je dois dire que sur le coup il m'avait plutôt convaincu. "

Fromell se contenta d'un : " intéressant, il faudrait peut-être creuser par là ! "

Je lui répondis en soupirant : " Si l'on va dans ce sens là, les fédéraux aussi m'ont demandé de lâcher l'affaire. Sans compter la fusillade dont j'ai été victime. "

Il sourit et me rétorqua : " Ne t'inquiète pas pour les fédéraux, je m'en occupe. Et je verrais ce que nos gars ont trouvés sur les lieux de la fusillade dont tu parles. Par contre ça risque d'être plus dur pour aller enquêter dans Chinatown. Et je suis sur que tu comprends qu'officiellement, je ne peux pas te demander de t'immiscer dans l'enquête. "

Il avait fortement insisté sur le officiellement, ça voulait tout dire. J'aurais voulu l'interroger plus longuement, mais l'on vint frapper à la porte.
Un petit bleu entra accompagné deux masses en costumes et lunettes noirs.
" Désolé commissaire mais ces deux hommes veulent s'entretenir avec vous de toute urgence. "

Vu la manière dont il me regardait et regardait Fromell, et comme lui les regardait et me regardait, je compris que j'avais tout intérêt à fiche le camp de là en vitesse.
Il pris d'ailleurs une feuille et commença à écrire tout en me déclarant.
" Bien monsieur Daddybear, si nous avons encore besoin de vous en qualité de témoin, nous vous ferons convoqué de nouveau. "

Sur ce, je me levai en le saluant ainsi, que les deux hommes et pris mes affaires pour partir.
Alors que j'allais quitter le bâtiment, le jeune bleu qui nous avait dérangé, m'interpella en courant dans ma direction.
" Monsieur Daddybear, monsieur Daddybear, vous oubliiez votre dossier, le commissaire m'a demandé de vous le remettre. "
Je pris l'objet en le reconnaissant immédiatement, c'était celui que Fromell venait de me montrer quelques minutes plus tôt.

jeudi 20 mars 2008

Episode 30 : Papotte peut-être, mais pas potes quand même !

Fromell humectait ses lèvres sur le bord de son verre, à croire que ce type n'avait jamais appris à boire.
Je réfléchissais à la manière d'aborder au mieux les sujets qui nous préoccupaient tout deux, car je sentais que l'on allait jouer ensemble au petit jeux qui consistait à en dire le moins possible pour en apprendre le maximum.

Je me décidais de le cuisiner sur l'affaire Bergère, même si je doutais de plus en plus que ce soit à cause de lui cherchais à me faire la peau.
" Vous avez interrogé le secrétaire de Bergère ? "

Il sembla surpris de mon entrée en matière, il s'attendait à autre chose visiblement.
" non on n'a pas réussit à mettre la main dessus " répondit il avant d'enchaîner " Pourquoi tu t'intéresse à lui ? C'est quand même pas lui qui t'as balancé à la baille ? "

J'esquissais un sourire en lui disant " t'as pas vu l'arbalète que c'est, je ne suis même pas sur qu'il réussirait à balancer une feuille de papier à la flotte. Non ça c'est le travail des hommes de main de Valentin. "

J'essayais ainsi de détourner son attention de mon intérêt pour la fausse Vera et visiblement ça marchait car il m'interrogea. " Valentin ! Sal Valentin ? Qu'est ce qu'il vient faire dans cette histoire ? Il est dans le coup pour Bergère ? Qu'est ce qu'il t'a pris d'aller voir ce cinglé !"

Je le calmais tout de suite, " Il n'a rien à voir avec ce qui nous intéresse, enfin pas que je sache. C'est vrai que j'aurais du être plus prudent avec lui, mais je pensais pas qu'il prendrait la mouche si subitement, pourtant je n'ai rien fait pour le mettre en rogne. Crois moi, j'y ai bien fait attention. "

" Pas assez visiblement " ricana t il, puis il se redressa " trêve de bavardages, je suppose que tu n'es pas là pour porter plainte contre Valentin, alors joue cartes sur table et dit moi ce que tu sais sur Bergère ! "

La patience ce n'avait jamais vraiment été son fort, et je savais à quoi m'attendre si je ne me pliais pas à ces exigences, la dernière fois ça m'avait coûté ma promotion et ma plaque. Mais je ne pouvais pas vraiment lui donné tort à l'époque je n'étais pas au meilleure de ma forme et il avait sûrement essayer de me remettre d'aplomb à sa manière.
" A vrai dire pas grand chose, j'étais persuadé d'avoir été engagé par sa femme pour le retrouver lui et sa maîtresse, le truc d'adultère classique, enfin jusqu'à ce que je me fasse alpagué par les fédéraux et qu'ils m'apprennent que mon employeuse dansait la gigue six pieds sous terre depuis plus de six mois. "

Fromell soupira " Pourtant ça c'est pas le genre de nouvelle qui passe inaperçu, surtout lorsque ça concerne un type comme Bergère !"
" Que veux tu, contrairement à toi, je ne suis pas constamment les yeux rivés sur les pages mondaines " lui répondis je sèchement.

Je continuais " Bref, sentant le traquenard, j'ai continué à la chercher pour le prévenir, mais également pour qu'il me rencarde sur deux ou trois choses, mais je suis arrivé un peu trop tard comme tu l'as constaté ... maintenant à toi dis moi dans quel merdier j'ai mis les pieds ? "

Fromell était songeur, il marmonnait à demi pour lui même : " Donc tu ne sais pas grand chose, c'est peut être mieux ainsi, peut être que ... " il sembla se ressaisir et se rappeler ma présence. " Avant tout une dernière chose, sur les points que tu voulais aborder avec lui? "

J'étais embêté je pouvais sans problème mentionné une partie des raisons de ma visite à Bergère chez Phillis, mais l'autre je préférais la garder sous silence, car j'avais déjà faillit boire le bouillon de onze heure au port à cause de cela, et je n'avais pas encore fini de sécher.
" Tu vois Miguel Cruz ? " il acquiesça " une brute sans grande envergure, me semble t il ? ". Je lui confirmai " Oui ça lui ressemble, le genre de gars qui lorsqu'il te confie une tache en te secouant la couenne comme pour jouer au bilboquet avec ta tête, tu n'as pas trop envie de lui refuser. Enfin bref il m'a demandé de retrouver sa sœur Vera. Vera Cruz, pile l'identité que le secrétaire de Bergère a empruntée. "

Fromell hocha la tête tout en prenant des notes " Je vois, mais je doute que cela concerne notre affaire, et j'imagine bien que tu ne t'ai pas donné tout ce mal pour le retrouver juste pour ça. "

Je pris un air dépité " ben tu sais, Miguel sait se montrer très convainquant, et je dois dire que de ton coté pour l'instant ça laisse un peu à désirer ! "

Il se frotta les sourcils comme pour réfléchir un instant, puis sorti un dossier qui était soigneusement ranger dans le double fond d'un tiroir fermé à clé de son bureau, avant de le lancer devant moi.
" Tu l'auras voulu, jette un coup d'œil à ça ! "

jeudi 13 mars 2008

Episode 29 : Une descente d'enfer

Il semblerait que le nombre de taxi qui accepte de prendre un client trempé soit inversement proportionnel au degré d'humidité de ce dernier.
Si l'on ajoute dans le calcul l'amabilité du chauffeur, ce chiffre devient quasiment nulle.
Il faut dire qu'en général, je ne me montre pas non plus dégoulinant lorsque je m'adresse à eux, et faut dire qu'ils me le rendent bien de leur coté.
Quoi qu'il en soit je devais être en veine aujourd'hui, enfin si l'on exclu la tentative de meurtre dont j'avais fait les frais, et celle sur Bergère qui malheureusement avait eu moins de chance que moi. J'arrivais malgré tout à trouver une bonne âme, qui accepta de me déposer au poste.
Pas un taxi, là ça n'aurait plus été de la chance, mais un miracle ! Juste une charmante vieille dame qui a eu pitié de moi.
Elle jacassait pas mal durant le trajet, et je me contentais de sourire en hochant la tête. Je pense qu'elle avait du oublier d'enfiler son râtelier vu que je ne pipais mots à ce qu'elle me racontait.

Arrivé au quart, je pris direct le chemin du bureau de Fromell, car même si il semblait étonnement calme, je ne tenais pas à croiser tous mes anciens collègues me reluquant comme une vieille professionnelle qu'à passer l'age d'arpenter le macadam.
De plus vu mon accoutrement, qui sait ce que ces tordus pourraient bien colporter.

J'entrais sans vraiment m'annoncer, pissant la flotte sur le parquet derrière la porte. Fromell leva la tête et me regarda avec un sourire en coin.
" T'as oublié ton pébroque Daddybear " étouffa t il dans un soubresaut d'éclat de rire.
" Y a un peu de ça " répondis-je calmement " j'ai juste oublié de le prendre avant que l'on me balance à la flotte ! "
Il reprit son air sérieux de fonctionnaire qui m'horripilait tant et me demanda pendant que j'accrochais mon imper et mon galurin sur le porte-manteau " Dans quel merdier tu t'es foutu ? "
Je n'affalais sur le siège en soupirant " si seulement je le savais "

il ouvrit un tiroir et sorti un bouteille de scotch et deux verres, " je crois que t'as besoin de te réchauffer " me déclara t il.
Depuis qu'il avait monté en grade Fromell avait des goûts de luxe, c'était pas n'importe quoi qu'il venait de me sortir, mais une triple distillation en provenance direct des lowlands.
" je croyais que tu touchais pas à ça, tu me l'a bien assez reproché "
il remplit les deux godets toujours aussi imperturbable et me lança une pique : " Pas pendant les heures de service, contrairement à toi, et j'ai fini il y a une heure ".
Je regardais le verre du bout des yeux !
" Tu ne le croiras peut être pas mais depuis que j'ai commencé mon enquête je n'ai pas toucher une goûte d'alcool "

il paru surpris, lui qui d'habitude restait de marbre " la preuve que rien est perdu pour toi "
Je lui lançais un regard noir en attrapant le verre, comme pour le défier, et lui dit : "c'est juste que j'en ai pas eu l'occasion ! " Puis je le descendis d'une traite.
Bon Dieu ce que ça m'a fait du bien, on aurait dit que la Vierge me pissait dans le gosier.
Fromell leva les yeux au ciel, et moi j'esquissais un sourire.
Il humecta ses lèvres sur son verre, et se lança : " Vas y déballe moi tout "