Vu l'heure qu'il était, je ne risquais pas de trouver mes trois compères au commissariat.
Je tablais donc sur leur lieu de villégiature préféré, qui a une certaine époque était aussi le mien, le bar du Caspien, le repère de tous les bois sans soif, de tous les piliers de bar, et de tous les flics véreux du 5ème district.
Ne me demandez pas pourquoi ce troquet portait ce nom, le patron n'avait jamais voulu me le dire, il faut dire que la plupart du temps je n'aurais même pas été en état de comprendre sa réponse.
Quoiqu'il en soit, j'étais quasiment certains de les trouver là bas, c'était un peu devenu leur quartier général, ils avaient leur propre table dans l'ombre au fond de la salle, à coté du téléphone.
C'était bien pratique pour mener leurs petites affaires.
Puis en cas de nécessité le patron leur laissait même utiliser une petite remise pour leur interrogatoires, elle se trouvait de l'autre coté du mur qui supportait le juke-box.
Et lorsque l'on entendait se dernier ce mettre en marche, on comprenait vite qu'il ne devait pas être le seul à chanter dans le coin.
Je supputais même que Mulot avait une de ses caches à la cave, mais je n'avais rien pu prouver.
C'était bien la le problème avec Mulot, on ne pouvait jamais rien prouver, cela faisait parti de son génie, ou bien de sa chance légendaire.
Certains disaient en se moquant de lui qu'il avait une chance de cocu, c'était la preuve qu’ils ne connaissaient pas bien Mulot.
Mulot ne gardait jamais rien près de lui, pas même une femme, mais ses penchants le conduisait plus à voler celle des autres.
Il n'avait pourtant pas le physique d'un tombeur, ni la verve d'un orateur, mais il savait faire qu'une chose comme personne d'autres, c'était volé ! Et il savait comment voler leur coeur.
Mulot avait les mains baladeuses, c'était bien connu, Je crois bien qu'il n'y a pas un endroit dans cette ville où elle ne se soit pas poser ou introduite.
Il n'y a pas longtemps je lisais une revue scientifique, je sais ce que vous vous dites, vous ne m'imaginiez pas être du genre à lire ce genre de magazine. Moi non plus, mais faut dire que ce jour là j'étais vachement constipé.
Bref dans ce torchon était évoqué une théorie à la noix sur les probabilités appliquées à l'univers dans le principe des super cordes ou une autre connerie du genre d'un charlatan chevelu qui n'avait rien d'autre à foutre pendant une décennie.
Je dois dire que je ne comprenais pas grand chose à ce charabia scientifique, mais c'est devenu rapidement beaucoup plus limpide quand je me suis représenté Mulot.
En gros ça pouvait se traduire de la manière suivante, pour chaque poche que Mulot à fouiller dans notre univers, ses mains ont atterrit dans autant de poches dans tous les autres univers possibles. Et au final en regroupant la somme de tous ces univers, aucune poche n'avaient pu échapper aux paluches de Mulot.
Ce qui de mon point de vue n'était pas trop éloigné de le réalité.
Arrivé à destination, je ne pouvais constater qu'une fois de plus, je ne m'étais pas tromper, ils étaient là tout les trois, l'air de m'attendre mine de rien. La gazette comme à son habitude se leva et se mis au garde à vous en me voyant.
Il était loin d'être le plus futé de la bande, mais on peut dire que sa loyauté était sans égale.
Je m'asseyais à leur table, en confiance pour la première fois de la journée, je n'avais même pas besoin de leur demander ce qu'ils avaient trouver, il me le déballaient spontanément.
( à suivre )
jeudi 25 octobre 2007
Episode 11 : Les casse-pieds du Caspien
jeudi 18 octobre 2007
Episode 10 : Deux Dr !
Je me demandais qui de lui ou de sa fille avait entraîné l'autre dans cette embrouille, enfin ça n'avait plus beaucoup d'importance maintenant que je me retrouvais mêlé à tout ça avec eux.
Sans un mot, il me fit signe de le suivre, et c'est ce que je fis jusqu'à son bureau. Il s'était décidé à me cracher un peu le morceau et visiblement ce n'était pas le genre de chose qu'il faisait bon d'ébruiter ailleurs que dans un endroit discret et isolé de toutes oreilles indiscrètes.
J'avoue que la pensée qu'il veuille me zigouiller à l'abri de témoins m'effleura aussi, mais le bonhomme n'était ni bien grand, ni très costaud. Je pouvais l'étaler d'un coup de poing, je l'avais déjà fait par le passé d'ailleurs.
En tout cas j'étais toujours aussi impressionné de voir tous ses employés lui donner du "docteur" à tout bout de champ de manière extatique.
Il savait s'attirer l'admiration de ses collaborateurs, dans un mélange de crainte et de pâmoison.
Je devais bien être le seul à ne pas subir son charme honnêtement il n'y avait pas de quoi s'extasier.
Okay il était docteur, la belle jambe, il n'avait sauvé aucune vie, je n'étais même pas sur qu'il est déjà réussit à soigner une des vieilles breloques sur lesquels il veille jalousement.
Puis à ce que je sache, un objet ça ne tombe pas malade.
Debra me répétait souvent que j'étais jaloux de lui, et de son charisme. Foutaises, il était tout ce que je détestais le plus dans ce monde !
Quoiqu'il en soit, il me montra deux listes, la première " l'officielle" comme il disait, était composé de société et particuliers divers qui était à l'origine des dons au musée.
La deuxième, la plus intéressante, "l'officieuse", regroupait les noms des véritables donateurs.
j'en reconnaissais malheureusement quelques uns, politique, avocat, parrain de la pègre et même un de leur "médecin". Bref un ramassis de pourriture comme seul Old Swamp City peut héberger.
Et mon flair me disait que si cette affaire sentait mauvais, c'est peut être parceque j'allais devoir remuer la pourriture.
il me confia cette liste, en me précisant bien qu'elle n'existe pas, et j'ai bien compris qu'il s'agissait du seul exemplaire. Je me dis maintenant que j'aurais sûrement mieux fait de la détruire sans attendre, ça m'aurait éviter pas mal de problème.
Je repartais du musée sans avoir beaucoup plus d'éléments en poche, enfin pas du genre que je voulais. Ce n'est pas que d'aller asticoter les pointures d'Old Swamp me faisait peur, c'est juste que j'avais envie d'être toujours vivant demain.
Il y avait cependant un nom dans la liste de Won qui me permettait de voir une petite lueur au bout de ce tunnel : Bergère !
Cela ne m'étonnait qu'à moitié de le voir apparaître dessus, ce n'était pas un grand secret qu'il fricotait avec tous les milieux un peu louche d'ici et d'ailleurs.
Le problème était que mon seul espoir reposait maintenant sur les infos que Mulot, La Gazette et Blacker pouvaient m'apporter.
C'était un peu comme comme jouer à Guillaume Tel avec un canon et une noisette.
J'avais beau espérer qu'ils touchent la cible, je savais éperdument que quelque chose allait m'arriver en pleine tronche.
Et malheureusement chacun d'eux était du genre à ramener autant d'emmerdes qu'il en résolvait, et ce coup ci ils étaient tous les trois sur le coup, fallait donc que je me prépare à trois fois plus d'embrouilles.
jeudi 11 octobre 2007
Episode 9 : Docteur ?
Le bus me déposa à quelques encablures du musée. Et tout comme les maisons clauses ce n'était pas le genre d'endroit que je fréquentais par plaisir.
Pour moi, cet endroit où l'on entassait des vieilleries d'un autre temps me faisait un peu penser à un cimetière d'objets.
Le Panthéon des babioles illustres, quand ce n'était pas le cadavre de leur tout aussi illustre propriétaire d'origine qui y était exposé dans une vitrine.
Ce triste spectacle m'était aussi macabre qu'une collection "trophée" qu'un chasseur peut épingler à son mur.
Je n'aimais pas les chasseurs, des gars qui flingue par plaisir même chez les tueurs on en trouve peu, enfin à part ceux qui ont le marc collé au fond de la cafetière.
Et dans mon coeur les conservateurs de musée ne valaient pas mieux, surtout pas celui que je risquais de croiser en venant ici.
Celui ci en plus ne m'aimait pas vraiment non plus, et c'était sûrement sa seule qualité.
J'arpentais les étalages infâmes sans trop les regarder, je me dirigeais machinalement vers la remise, là où il conservait les pièces non exposées.
Je connaissais les lieux, Debra m'y avait entraîné plus d'une fois, faut dire que le sceptre de la fertilité ou autre vase de la fécondité, lui donnait pas mal d'idées, enfin pas autant que les gravures et tapisseries passablement érotiques dans leur contenu pour le moins explicite.
Je dois dire que la sécurité laissait vraiment à désirer, on entrait comme dans un moulin et personne ne vous empêchait d'aller où bon vous semble, c'était bien là la marque de Won.
Je n'eus pas trop de mal à trouver les caisses à moitié déballées, je m'amusais en lisant l'étiquette d'expédition de celles ci : Musée de Old Swamp City - Oliver Won.
" Daddybear, chaque fois que vous m'honorez de votre présence, mon estomac se retourne, ce doit être l'odeur infecte d'ivrogne de bas étages que vous traînez derrière vous qui en est la cause. "
Quand on parle du diable, on en voit la queue comme l'on dit, mais ce diable là vous accueillait généralement avec les piques de sa langue fourchue.
Je me retournais vers lui par politesse, car c'était au moins une chose dont je pouvais me vanter d'avoir de plus que lui. Et le salua à ma manière.
" Moi qui croyait que vous ne pouviez pas me sentir, je m'étais trompé, votre odorat développé à remarquer l'odeur de l'incident qui m'est survenue plus tôt, je dois dire que je ne pensais pas qu'elle se distinguerait parmi la puanteur qui vous entoure habituellement ! "
J'étais fier de ma réplique à cet homme qui avait toujours eu l'habitude de me prendre de haut à défaut de pouvoir me pendre haut et court.
Il faut dire que ma relation avec sa fille ne m'avait pas assuré une place dans son coeur, et mon mariage avec elle encore moins. Pas plus que notre divorce, c'était peut-être même ce qui avait le plus envenimé nos rapports.
Et le fait d'avoir léguer mon patronyme à son petit fils y était sûrement pour quelque chose dans l'équation de sa haine envers moi.
Enfin je savais à quoi m'attendre en venant ici.
" Je suppose que c'est à cause de Debra que vous êtes là ! Ce n'était vraiment pas la peine de vous déplacer, je peux régler ça par moi même "
C'était typique du bonhomme, il n'acceptait aucune aide de personne, et surtout pas d'une personne comme moi. D'autant plus si ces petites affaires n'étaient pas très claires, mais ça ce n'était pas mon problème. Et avec la journée que je venais de passer, je n'étais vraiment plus d'humeur à parlementer et à faire des jeux d'esprit.
" Écoutez mon vieux, vous pensez peut-être pouvoir vous débrouiller tout seul, mais ce n'est visiblement pas l'avis de Debra, sinon elle ne serait pas venue me chercher. Alors va falloir faire avec ! Et si ça ne vous plaît pas, c'est la même chose ! "
J'allais devoir collaborer avec lui, sur ce point je n'avais aucun doute, et cette perspective ne m'enchantait guère, mais cela allait sûrement me permettre d'avancer un peu.
lundi 8 octobre 2007
Episode 8 : ça suffit !
La grande porte du dispensaire se tenait devant moi, et je me demandais bien comment j'allais pouvoir l'ouvrir, vu que l'établissement se trouvait en quarantaine.
Mais fallait bien que j'interroge ces marins, car j'étais prêt à parier que leur état était en rapport avec la cargaison disparue.
Je tentais ma chance quand même, mais je n'eus le droit qu'à une voix derrière ce rideau métallique. Et comme je m'en doutais, je m'opposais au refus de m'autoriser à briser le principe de sécurité pour poser quelques questions.
Pour être honnête ça m'arrangeait même un peu, car si cette saloperie était contagieuse, je serais bien content de ne pas avoir été pataugé dans ce nid à microbes.
J'apprenais qu'en même quelques choses, une bonne partie de l'équipage avait déjà passé par dessus la rambarde du navire de la vie, et l'autre partie n'allait pas tarder de les rejoindre dans les eaux de l'au-delà.
Tout bien pensé, une maladie inconnue décimant tout un équipage venant de l'autre coté du globe, c'était un bon moyen de faire le ménage sans éveiller de soupçons.
Alors que je tergiversais, sur le pas de la porte, un crissement de pneus attira mon attention.
Une guimbarde sombre arrivait à tombeaux ouverts dans la rue du temple, et j'ai à peine eu le temps de me jeter à terre en voyant un canon, avant que les balles ne sifflent à mes oreilles pour venir s'écraser sur la façade du dispensaire.
La rafale de mitraillette n'eut beau durer qu'une fraction de seconde, j'ai eu le temps de voir défiler toute ma vie devant mes yeux, faut dire que le film de mon existence tien plus d'un spot de pub que d'un long métrage hollywoodien.
Et pour couronner le tout, j'avais plongé en plein sur une déjection canine, et lorsqu'en me relevant j'ai vu Rhésus émergé de son coma éthylique suite à la fusillade, je me mis à espérer vivement qu'il s'agissait bien d'une déjection canine !
Y a pas à dire, avec Debra, je finissais toujours dans la merde !
Décidément cette journée me restait en travers de la gorge, deux sales affaires s'étaient présentées à moi sans que je ne leur demande rien, je m'étais fait menacer dans mon propre bureau et voilà que maintenant je me faisais tirer dessus.
Et pour une fois, je n'était pas à l'origine des deux derniers, et pire encore ils avaient eu lieu alors que j'étais sobre.
Je me disais que c'était ce genre de chose qui faisait dire que l'abus d'alcool était dangereux pour la santé, visiblement l'abus de sobriété n'était pas mieux.
Tout ça pour dire que j'avais plus envie d'aller m'affaler sur le zinc d'un rade plutôt que de retourner à mon bureau, car pour l'instant ça ne m'avait pas trop réussit.
Mais bon, là j'étais trop énervé pour rester les bras croiser à siroter tranquillement.
Je ne sais pas qui s'était mis en tête de me chercher, mais une chose était sur, ils allaient regretter de m'avoir trouver.
Et la meilleure chose à faire pour leur botter l'arrière train était d'avancer dans mes enquêtes.
Je pris donc le bus en direction du Musée, en me disant que peut être je serais plus en sécurité au milieu de la foule, même si maintenant j'en doutais vraiment.
( Ronan se rebelle dans le prochain épisode ... )
jeudi 4 octobre 2007
Episode 7 : Les jeux des maux
A vrai dire, je n'étais pas d'humeur à ranger mon bureau, puis au moins le prochain qui viendra fouiller dans mes dossiers aura plus de mal à trouver ce qu'il cherche.
Et comme j'avais un peu de temps devant moi en attendant que mes trois aides de choc me contact, je décidais de me pencher sur le problème de Won Debra.
Et connaissant la belle, ce dernier promettait d'être volumineux, sinon elle n'aurait pas besoin de soutien.
Il faut dire qu'à nous deux on faisait la paire.
Les caisses de marchandises avaient été amenées directement des docks au musée, leur contenu semblait avoir disparu entre ses deux points.
Comme il fallait bien commencé par une des deux extrémités de la route de transport, et que l'on croisait plus souvent des chapardeurs sur les docks que dans les musées, je me rendis au port.
Je n'eus pas trop de mal à trouver le navire, d'un parcequ'à cette époque de l'année la plupart d'entre eux sont au large, de deux parceque Debra m'avait donné son nom : Le Nave Rubata.
Mais vu l'état dans lequel il se trouvait, il fallait mieux connaître le braille pour pouvoir le distinguer sur la coque. Heureusement que le pavillon de complaisance d'un petit état dont personne n'a jamais entendu parler, mise à part les politiciens véreux et les armateurs peu regardants, m'a beaucoup aidé dans ma tache.
Quoi qu'il en soit, mis à part le danger de navigation, sans parler de la menace écologique, que représentait le cargo, je ne trouvais pas grand chose sur place pour m'aiguiller dans mon enquête.
Par pas grand chose, je sous entends pas grand monde, car tout l'équipage s'était retrouvé mise en quarantaine au dispensaire le plus proche après avoir développé une étrange maladie suite à leur débarquement.
Enfin c'est ce que m'avait dis les gars de l'agence sanitaire qui s'occupait à surveiller le rafiot, et à l'inspecter sous toutes les coutures pour trouver l'origine de la maladie.
J'aurais été un brin superstitieux, je leur aurais suggéré la malédiction planant autour du flacon mauvais, mais ces cinglés auraient bien été capables d'y croire.
Je m'étais toujours demandé pourquoi l'on avait construit le dispensaire dans le quartier des temples, mais je n'avais jamais vraiment trouver d'explication valable, à part peut être pour faciliter le transport des corps jusqu'au lieu de culte approprié.
Car pour être franc si l'on me laissait le choix entre me faire soigner par un vétérinaire manchot et aveugle dans une arrière salle d'un abattoir ou bien d'aller au dispensaire, je choisirais le veto sans l'ombre d'une hésitation.
Pour si rendre il n'y avait rien de plus simple, il suffisait de repérer le clocher de l'église, car il avait un mur mitoyen avec elle, il faut dire que le prêtre passait plus de temps devant les lits, que devant son autel.
C'était sur le parvis commun, à la frontière entre ces deux mondes, que vivait un clochard nommé Rhésus, toujours positif.
Il y ventait sa religion, faite de pain et de vin, surtout de vin, de beaucoup de vin, dont il usait et abusait dans une euphorie communicative.
Il transmettait ainsi à la foule sa bonne parole, car comme il le disait lui même avec son drôle d'accent, c'était un " messie ... un messie ... un messie Caïn ".
Et comme tout dirigeant religieux, il était philosophe à ses heures.
Un jour il m'a dit : " Au crépuscule de ma vie, je pourrais dire : j'ai vécu ", j'aurais bien voulu lui dire que j'espérais pour lui qu'au matin de sa mort, il pourrait dire : j'ai cuvé !
Je contemplais Rhésus, allongé sur son carton, une bouteille vide à la main, sa barbe trempant dans son vomi fraîchement régurgité du matin. Et ce simple tableau de poésie urbaine, seule constante dans ce monde devenu fou, me tira une larme de l'oeil.
( à suivre ... spéciale dédicace à mon comparse pour " Rhésus " )
lundi 1 octobre 2007
Episode 6 : Ma muse du musée, s'amuse à m'user
Il y a des jours comme ça où l'on se dit que l'on aurait mieux fait de se tirer une balle plutôt que de se lever, et la suite allait me prouver qu'une fois de plus je n'avais pas vraiment tort.
Je me demandais bien ce que l'autre zouave cherchait dans mes dossiers, car ce n'est pas vraiment mes affaires habituelles qui me vaudrait des menaces de mort.
Il y avait bien l'affaire Bergère, mais elle était un peu trop récente pour me valoir déjà des emmerdes. Mais avec des richards dans leur genre, fallait pas non plus s'étonner.
J'étais pris dans mes pensées lorsqu'une voix familière m'interpella.
Un " Bonjour, Ronan " suave caressa mes oreilles.
C'était une voix que je n'avais pas entendue depuis longtemps et que j'avais espérée ne jamais plus entendre.
Elle appartenait à Debra Won, mon ex-femme, et elle se tenait là, devant moi, impérieuse comme toujours. Mais je ne pouvais m'empêcher d'être égal à moi même.
" Debra ! Pour une surprise ! Moi qui me disais que cette journée ne pouvais pas être pire ! Qu'est ce que tu fiche ici ? Tu n'as plus d'homme à briser alors tu te rabats sur moi ! "
Elle se pencha sur mon bureau et exposa ses atouts féminins sous mon nez, j'avais peur que les deux obus dans son décolleté n'explose à la figure, ça n'aurait pas été la première fois.
" Moi aussi, je suis contente de te revoir, Ronan ! " dit elle en prenant une pose des plus suggestive, je connaissais bien la demoiselle et je m'attendais au pire pour la suite.
Si elle était venu me voir, c'est qu'elle s'était fourré dans un bourbier, et qu'elle comptait bien m'entraîner avec elle dans le fond.
" Pas la peine de faire ton petit numéro Debra, 3 ans que l'on ne s'est pas vue, ne me fait pas croire que tu viens ici par plaisir, ou pour discuter autour d'un thé. Viens en au fait ! "
Elle reprit aussi son attitude habituel, froide, sévère, autoritaire, son vrai visage.
Je m'étonnerais toujours de la capacité qu'on les femmes à changer du tout au tout une fois qu'elles ont obtenu ce qu'elles veulent. Debra ne faisait pas exception, c'était même sûrement elle, qui avait enseigné aux autres femelles l'art et la manière de manipuler les hommes.
Elle bossait toujours pour le Musée d'Old Swamp, bien qu'elle est grimpée beaucoup d'échelons depuis que l'on s'était séparé, et une partie de la cargaison qu'elle venait de recevoir s'était fait la belle, bien que ce ne soit pas le genre de babioles facile à refourguer.
La disparition d'un objet particulier la chiffonnait un max, une breloque qui s'appelait le " flacon mauvais ", une espèce de carafe ornée d'éléphants qui semblait valoir son pesant de cacahouètes.
La légende voulait qu'il est appartenu à un monarque de je ne sais plus quelle contrée oubliée d'Asie, cette cruche voulant empoisonné son rival au court d'un repas, s'était planté de flacon et avait fini par bouffer les pissenlits par la racines.
Et depuis tout ceux qui l’avaient eu entre les pognes avaient fini d'une mort soudaine et violente, ce qui n'avait rien d'exceptionnel en ce temps là, vu que c'était l'apanage des rois de se zigouiller pour le trône.
Je me risquais à une question : " Pourquoi moi ? demande aux flics c'est leur boulot les vols ! ", j'ajoutais même intérieurement, demande à Mulot c'est sa spécialité. Mais je préférais me taire, car elle savait me renvoyer toute remarque au centuple.
Elle eu un petit rire de dédain : " Tu devrais le savoir Ronan, Je n'aime pas beaucoup la police ... je tiens ça de toi ! "
Touché, la garce avait toujours autant de répondant.
Elle m'expliqua que ses donateurs n'étaient pas du genre à aimer voir la police traîner autour de leurs affaires. Rien d'étonnant à cela, la plupart de ceux qui ont des objets de collections, les obtiennent rarement de manière officielle.
Je sentais les emmerdes à plein nez dans cette histoire, et j'aurais du refuser net, et c'est ce que j'aurais fait si je ne l'avais pas regardé.
A la seconde même où j'ai croisé son regard j'étais foutu, elle me faisait ses yeux qui vous empêche de refuser quoi que ce soit à une femme.
Elle me plantait là, la bouche ouverte, ayant accepté sa demande sans m'en rendre compte.
Ce n'est que lorsqu'elle quittait la pièce, que je me repris en un sursaut pour déclarer à la volée :
" La maison fait pas crédit ! "
Mais je savais bien que c'était trop tard, elle m'avait eu, et elle m'aurais encore ... comme toujours.