J'avais peut être fait une énorme connerie de rester, mais la demi-heure que la basse-cour m'avait laissé avant de débarquer, m'avait quand même permis d'inspecter les lieux du crime.
J'aurais bien emporté quelques preuves, d'ailleurs elles n'auraient manqués à personne, et sûrement pas aux clanpins qui allaient s'occuper de l'affaire, mais je me suis dit que c'était encore un coup à me retrouver au frigo le temps qu'ils comprennent que je n'y suis pour rien.
Malgré la violence du geste le boulot avait été fait proprement, enfin si l'on excepte la mise en scène avec les tripes et le sang. Bergère devait déjà être mort avant que le tueur se décide à contempler sa beauté intérieure. D'ailleurs pourquoi lui avoir ouvert le bide comme un cochon façon tirelire, si il cherchait ses économies il aurait mieux fait de canifer le matelas.
On lui avait vidé l'estomac, et j'étais sur le point d'en faire autant.
Admettons que Bergère est avalé quelque chose de travers, je doute que la manoeuvre de Heimlich préconise l'utilisation d'objets tranchant.
Puis tout ce sang, ce n'était pas naturel, il avait selon toute vraisemblance été éparpillé pour couvrir quelque chose, et je constatais qu'il avait bien fait son office.
Ses clés traînaient dans la mare de sang, elles semblaient bien éloignés du corps pour être tombées là par hasard, j'y reconnaissais vaguement l'emblème du Blue Beard rougit d'hémoglobine accroché à l'anneau qui le maintenait ensemble.
Outre la paperasse, j'avais remarqué une chaîne près du lit, le genre de chaîne que l'on accroche à son cou, et elle semblait avoir été arraché au vu du fermoir.
Je n'eut pas eu le temps d'inspecter plus en détail lorsque des bruits d'une foule au pas de courses se fit entendre dans les escaliers. La bleusaille s'était vite ramener pour une fois.
" Daddybear, je m'étais toujours d'y qu'un jour où l'autre je retrouverais ton cadavre dans un endroit comme celui là, faut croire que j'arrive trop tot tu m'as l'air encore frais pour un macchabée. "
Ca c'était la douce voix du Commissaire Divisionnaire Fromell, elle était aussi suave qu'une pelleteuse creusant la terre et claquait comme le couvercle d'un cercueil. Je dois dire qu'il ne me portait pas vraiment dans son coeur, faut dire qu'il n'y laissait pas beaucoup de place pour une autre personne que lui. Si l'on pouvait s'étouffer d'orgueil, Fromell serait devenu bleu depuis un bail.
Il était mon supérieur lorsque je m'étais égaré chez les flics, et il avait tout fait pour que je retrouve mon chemin. A vrai dire je lui devais peut être une fière chandelle de m'avoir fait viré.
Quoiqu'il en soit Regis Fromell, n'avait pas obtenu sa place par hasard. Il était bon, peut être pas autant que moi, mais il se défendait plutôt bien comparé à la masse de nullard et d'opportunistes qui avaient échoué à des postes semblables.
Je ne regrette vraiment pas de ne pas avoir obtenu cette promotion, car quitte à devoir cirer les pompes, autant le faire sur la grande place, là au moins ça aurait été plus gratifiant, et sûrement mieux payer.
" Commissaire " le saluais-je en soulevant le bord de mon chapeau.
" Je suis presque rassuré de vous voir ! Car ça signifie que quelqu'un prends le cas Bergère au sérieux ! Malheureusement pour lui c'est un peu tard comme vous pouvez le constater "
La fine équipe mené par Fromell commençait déjà à investir les lieux et à relever les indices. Ce dernier restait prêt de moi, cherchant un moyen d'entamer l'interrogatoire de manière courtoise.
" Daddybear, je suppose que tu ne serais pas assez stupide pour rester dans le coin si t'étais mêlé à tout ça ! "
Je lui souris et répondis avec la plus grande amabilité.
" Tu pense bien ! J'ai fait gaffe de ne toucher à rien pour que tu n'aies pas une excuse pour me coffrer "
" Alors qu'est ce que tu fout là ? "
Je redoutais cette question, je devais en déballer assez pour satisfaire ce croquemort, mais pas trop pour ne pas risquer de me voir mettre sur la touche. Et ce lascar était balèze lorsqu'il s'agissait de faire parler les morts. Alors je décidais de me mettre à table en me laissant une marche de manoeuvre.
" Tu dois être au courant de mon altercation avec les fédés ! Donc tu dois savoir que je cherchais Bergère pour mes affaires bien que les costards cravates me l'ai interdit. Je doute que je revois la personne qui m'a engagé pour le retrouver car depuis je sais qu'elle n'est pas celle qu'elle prétendait. Je voulais trouver Bergère pour lui faire part de mes découvertes, enfin je ne peux pas dire que je sais grand chose, plutôt que beaucoup de personnes cherchaient à lui faire refaire surface, mais d'autres préféraient le voir enfoncer dans la vase. Et à première vue les seconds ont gagnés. Ce n’est pas que je tenais tant que ça à m'enfoncer plus dans cette histoire, mais j'étais déjà au milieu en train de subir le feu des deux camps. Je cherchais juste à obtenir des rencards à la source. "
Fromell écoutait dans un silence de mort mes propos. Je lui recommandais d'interroger Vera / Leopold Gaultier, qui en savait sûrement bien plus que moi. Mais l'oiseau s'était envolé très vite, sûrement par peur d'être la prochaine proie du chasseur.
Quand il recommença à parler, à moitié pensif, le commissaire me suggéra de repasser ce soir au commissariat, afin de parler " au calme ".
Fromell n'était pas du genre à me faire des fleurs, ça aurait du m'inquiéter, mais à vrai dire le simple fait qu'il veuille s'entretenir avec moi au sujet de l'affaire me faisait froid dans le dos.
Selon toute probabilités, il en savait plus que moi, et sa soudaine sympathie me laissait croire, que j'étais dans une merde bien plus noire que je le pensais.
jeudi 31 janvier 2008
Episode 23 : Il pleure, il pleure Bergère
jeudi 24 janvier 2008
Episode 22 : V'là les flics !
Je toussotais poliment pour attirer l'attention de la demoiselle, ou du monsieur, à vrai dire j'avais encore du mal à me prononcé sur la question.
Elle me regarda et me sourit poliment en déclarant : " je suis à vous dans quelques instants ", ces quelques mots pourtant banal pouvait prendre un autre sens en songeant au lieu où je me trouvais et aux activités que les jeunes femmes d'ici pratiquait.
Je fut vite tirés des ces horribles pensées par le bruit de tassement du papier.
Tout en rangeant, des documents dans un dossier, elle me demanda : " Que puis je pour vous monsieur ... "
" Daddybear, Ronan Daddybear " lui repondis-je.
" Et bien monsieur Daddybear, je vous écoute ! " s'exclama t elle en joignant ses mains pieusement devant elle.
Je ne savais pas trop quoi lui dire, je n'étais pas certain de qui se trouvait devant moi, mais je n'avais rien à perdre, et si par malheur c'était vraiment une hôtesse de chez Phillis, elle ne panerait rien de toute façon.
" A vrai dire je ne sais pas trop où commencer ! Je suis ici car je recherche doublement une certaine Vera, qui aurait été vu avec un homme semblant très recherché en ce moment, et dont le nom est Maurice Bergère. Et cette même Vera serait la soeur d'une petite frappe locale, voir chirurgicale, et travaillait au Blue Beard. Mais même si je pense que vous soyez la première, j'ai un gros doute en ce qui concerne vos rapports avec la seconde. "
J'avais remarqué qu'elle avait tiqué au nom de Bergère, pas quelque chose de flagrant, tout juste légèrement perceptible dans sa sérénité apparente. Elle resta immobile et m'invita à développer le bit de ma visite.
" Et que lui voulez vous à cette Vera, Monsieur Daddybear ? "
Sa contenance me désarmait, j'avais l'impression d'être face à un psy essayant de scruter mon esprit, voir même un prêtre tentant de disséquer mon âme damnée.
" Et je pense qu'elle pourrait me permettre d'entrer en contact avec Monsieur Bergère, dont l'ex femme morte depuis six mois m'a demandé de retrouver la trace il y a deux jours. J'aimerais m'entretenir avec lui des menaces de mort que j'ai subit d'un asiatique très convainquant, d'une fusillade dont j'ai été la cible devant une église, d'un interrogatoire très musclés de fédéraux qui se servait de son nom pour appâter un tueur. Et éventuellement des récentes disparitions d'oeuvres d'art au musée de la ville où il avait l'habitude de faire des dons discrets "
Elle n'avait pas sourciller d'un iota, se contentant d'un " je vois " approbateur.
Elle se leva et rangea quelques dossiers présents sur son bureau dans des meubles prévus à cet effet, puis s'approchant de moi tout en se frottant les mains de manière pensive.
" Bien, je pense que je peux vous croire Monsieur Daddybear, vous voilà mêler à une affaire fâcheuse, comme vous devez vous en doutez "
Puis il me tendit la main, et serra la mienne de manière très révérencieuse.
" Je me nomme Leopold Gaultier, je suis en quelque sorte le secrétaire particulier de Monsieur Bergère, je l'aide dans différentes taches administratives et bien d'autres domaines, encore plus maintenant qu'il n'ai plus libre de vaquer à ses affaires en toute quiétude. "
Il s'interrompit un moment, tout en se dirigeant vers la porte.
" Le fait que vous essayez frapper à la bonne porte en dépit des mesures que nous avons mis en place pour assurer la sécurité de monsieur, me montre que vous avez de la ressource, et que vous pourrez probablement nous être utile dans tout ceci. Je vous avoue que les personnes sur lesquels nous pouvons compter en ce moment ne sont pas nombreuses, en tout cas leur nombre est plus qu'insuffisant. Mais d'après ce que je peux en juger, vos motivations ne me sembles ni vénales ni mauvaises, et vous pourriez devenir un atout de poids pour nous."
Il s'arrêta une nouvelle fois de parler tout en me fixant d’un regard profond comme pour me scruter un dernière fois. Et il ouvrit la porte.
" Mais Monsieur Bergère vous l'expliquera mieux que moi, veuillez me suivre "
Je suivis donc le secrétaire de Bergère, non sans une appréhension lorsque nous montions les escaliers pour rejoindre les parties "intimes" de la demeure, où bon nombre de râles y jouait une symphonie plutôt glauque.
Il frappa à l’une des portes les plus éloignées et l’ouvrit avec révérence tel un majordome.
Je ne m'attendais pas au grand luxe il est vrai, mais pour une chambre elle était vraiment mal entretenu. En revanche pour une boucherie, elle était vraiment dans le ton, avec tout autour du lit, les tripes et le sang d'un Bergère égorgé et éventré comme un porc au dessus.
Le hurlement de Vera-Leopold me fit me retourner juste à temps pour le voir déguerpir à tout allure, je crois que la scène avait eu raison de son flegme.
Moi même j'étais tiraillé entre mon instinct me hurlant de partir à toutes jambes et ma raison me susurrant de ne pas oublier d'effacer mes empreintes en refermant la porte avant de le faire.
Mais c'est l'abruti fini qui sommeillait en moi qui a eu le dernier mot en faisant appelés les flics dans la minute.
Et en à peine une demi-heure, ils avaient investis les lieux et commençaient à me cuisiner. A croire que certains étaient déjà sur place.
jeudi 17 janvier 2008
Episode 21 : Qui Verra Vera ...
Lorsque Phillis me lança un " salut mon mignon " à pleine dent, je sentis un frisson glaciale me parcourir ma colonne vertébrale.
Ce n'était pas tant la phrase qui m'avait choqué mais plutôt sa manière de le dire, j'avais eu l'impression d'être un petit enfant grassouillet devant un ogre baveux.
Mais l'ogre j'aurais pu en faire mon affaire et lui péter ses dents, mais dans le cas de Phillis j'avais plus peur que ses dents me pétent à la gueule.
Je la saluais du bord de mon chapeau, et en venait directement au fait en lui demandant où je pouvais trouver Vera.
" Hum t'es pas trop dans le genre des client de Vera mon beau, c'est qu'elle reçoit que sur rendez vous la petite, elle est très demandé. C'est marrant mais toi je t'imaginais plus avec des femme à poigne, plus viril " me dit elle avec un clin d'oeil qui en disait long et qui me faisait plus flipper qu'un canon pointé sur ma tempe.
" Non, non Vera sera parfaite, on me l'a recommander, elle connaît des choses que peu d'autres savent ! " lui répondis je en laissant plané le mystère un grand sourire sur mon visage.
Elle pris un air bougon et m'expédia : " si c'est ce que tu veux mon chou ! tu la trouvera dans un salon privé au fond à droite, tu ne peux pas le louper, c'est celui avec l'étoffe rouge marqué Vera "
Et alors que je m'éloignais elle ajouta pour mon plus grand dégoût : " Et si tu change d'avis, tu sais où me trouver "
Je me frayais un chemin comme je pouvais vers le fond de la salle, quand alors que j'atteignais enfin mon but, je fut comme aspiré par le vide dans le couloir réservés aux salons privés.
Il faut dire que l'endroit ressemblait au désert comparé à la jungle de la salle principale.
Quoiqu'il en soit je ne mis pas longtemps à trouver la loge de la dénommée Vera.
Je frappais à la porte où une vois suave m'invita à entrer, et à prendre un siège.
Je dois dire que la loge de Vera était loin d'être ce que je m'imaginais des salons privés, en effet, bien que ma mère exerçait dans la rue, la vague description qu'elle m'avait faite de ce genre d'endroit ne correspondait absolument pas à l'image d'un bureau de comptable.
Une chose était sur, les description de Vera n'était pas erroné, Vera n'était pas seulement une belle femme, c'était une très belle femme. Et ses petites lunettes rondes lui donnaient à la fois un aspect sévère et sécuritaire.
Son menton carré, provenant sûrement de la même souche que celui de son frère Miguel, n'arrivait même pas à entaché sa rayonnante beauté.
Malgré tout, assis là, en face d'elle, en silence pendant qu'elle rédigeait je ne sais quoi avec l'application d'un enlumineur, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'une chose clochait.
Après l'avoir contempler un long moment, je ne pouvais me rendre à l'évidence, cette Vera, n'était probablement pas la Vera de Miguel, car même si ce dernier était vraiment bas de plafond, il aurait remarqué que sa soeur était en réalité son frère.
jeudi 10 janvier 2008
Episode 20 : depeint des beaux seins
Chez Phillis était plus qu'un cabaret, c'était une institution et le quartier des dogmes était le lieu de prédilection où toutes les institutions se rencontraient. Et tôt ou tard, leurs représentants finissaient tous par se retrouver Chez Phillis.
L'explication qu'aucune administration n'avait demandé la fermeture de l'établissement tenait peut être à cela en un sens, car malgré tout, Chez Phillis avait le même effet sur le quartier des dogmes, qu'une verrue sur le visage d'un top model.
On ne pouvait pas le louper et même si ce n'était pas beau à voir, on ne pouvait s'empêcher d'avoir les deux yeux rivés dessus.
Les avocats, les juges, les prévenues, les prêtres, tous pouvaient trouvés ce qu'il cherchaient en ce lieu de perdition.
Du spectacle pour sur avec leurs danseuses autant habillées qu'un mouton après la tonte.
De la débauche, avec des filles plus ou moins jolies selon le montant de votre bourse ou ce que vous etes prêt à débourser. Voir des hommes pour ceux que ça intéresse, et des travestis pour les indécis ou pour ceux qui y avaient mal regardés.
C'est à dire ceux qui venaient Chez Phillis pour la première fois car il y avait surtout des travestis.
Puis il y avait même kiki, une chèvre qui, selon la maîtresse de maison, produisait un lait de première fraîcheur, et à l'occasion satisfaisait les moins argentés.
On aurait pu qualifié ce lieu de maison de passe, bien que certains ne faisait pas qu'y passer. Et la plupart ramenaient souvent chez eux des petits cadeaux dont ils se seraient bien passés.
Mais la luxure n'était pas le seul vice présent ici, il y avait aussi le jeu, poker, pari en tout genre ou tout autre amusement basé sur le principe de vider les poches des participants était pratiqué sans scrupules.
Ce qui donnait souvent lieu à des bagarres pour le plus grand plaisir des habitués.
Et cerise sur le gâteau, l'établissement possédait une cave à vin à faire pâlir le plus grand restaurant de Manhattan, dont un pur malt 20 ans d'age en provenance direct d'un petit producteur d'écosse de toute merveille.
Autant vous le dire, pour ce lieu avait un petit goût de paradis.
J'avais du esquiver quelques coups pour approcher du bar où des cols blancs à moitié saoul s'encanaillait avec ce qu'ils croyaient être des filles faciles.
Je congédiais rapidement le barman, un grand black bodybuildé qui ne semblait portés rien d'autres que son string et un nœud papillon. Et encore je n'avais pas osé baisser le regard pour vérifier pour le string.
Je me faufilais tant bien que mal en direction de la caisse que la tenancière de l'établissement surveillait d'une main de fer et d'un regard d'acier.
Phillis n'était pas ce que l'on pouvait appeler une belle femme, mais elle était toujours mieux que ce qu'elle était sans son maquillage et sa perruque en tant qu'homme.
Lorsqu'elle me sourit je me suis dit qu'elle possédait la meilleure défense contre tout braquage que l'on pouvait imaginé.
Ses chicots tout écartées et en parties cariées, pour celle qui étaient encore dans sa bouche avaient de quoi repousser le plus aguerri des bandits.
jeudi 3 janvier 2008
Episode 19 : ça marche !
J'avais passé le reste de la nuit à gamberger sur l'affaire. Bergère semblait être la clef de voûte de tout ce ramdam, malheureusement après mon accrochage avec les fédéraux, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il était de bon augure pour moi d'aller mettre mon renifleur dans leur affaire.
Si je ne pouvais pas compter sur la piste Bergère il ne me restait que peu d'option, la gonze Vera, que je pouvais rechercher en toute innocence pour le compte de Miguel, ou bien rebondir sur le reste des généreux donateurs du musée en furetant du coté des noms de la liste officieuse.
Dans le cas, ce ne serait que pur hasard si je me retrouvais dans les pattes des costards cravates du bureau, et je pourrais leur prouver ma bonne foi sur le fait que je n'enquête plus sur Bergère.
Quoiqu'il en soit, je m'étais tout juste engagé en bas de chez moi, sans vraiment avoir pris de décision sur ma destination, qu'un de ces bons dieux de rat volant me repeignit mon imper de son dernier déjeuner.
Et cela présageait encore le début d'une journée de merde.
Ce n'est pas que je crois au signe, mais je ne me sentais pas à aller toquer à la porte des ronds de cuir avec une chiure sur le paletot. Enfin ce n'est pas que ça me dérangeait outre mesure, car on ne pouvait pas dire que mon look général en pâtissait plus que ça. C'est juste qu'après la soirée d'hier, je n'avais pas trop envie qu'on me lâche des chiens aux miches.
Je me contentais donc de Vera et de la maigre piste qu'elle laissait dans le quartier des Dogmes.
Je ne me souvenais plus trop de la dernière fois où j'y avais foutu les pieds, ce n'est pas trop parceque ça faisait un bout de temps, mais plutôt car ce jour là j'étais tellement imbibé que je ne me souviens à peine du mois qui a suivit. J'avais d'ailleurs écopé de quarante jours de vacances au frais, payés par l'état, pour ébriété avancé sur la voie public et outrage à agent et à la cour. Je ne peux pas vraiment dire que c'était les plus belles semaines de ma vie, mais c'était loin d'être les pires.
Quoi qu'il en soit mes pas m'avaient conduit peu à peu dans les rues avoisinant les divers tribunaux. Je ne savais pas trop par où chercher, le quartier n'était pas très vaste, ni très animé, à part peut être à leur du déjeuner. Mais je pensais bien qu'une chanteuse de cabaret se remarquerait facilement au milieu de tous les magistrats qui parcouraient les rues.
En un sens je n'avais pas tout à fait tort, car j'ai très vite repéré une demoiselle qui aurait pu faire l'affaire. C'est lorsque j'en aperçu une deuxième en m'approchant d'elle que j'ai commencé à me dire que j'avais peut être omis un détail.
Mais c'est au moment ou une troisième sortie du bâtiment qui me faisait face en interpellant les deux autres que j'en ai eus l'intime conviction.
La certitude ne m'est venu que lorsque mes yeux se posèrent sur l'enseigne au néon rose fluo, indiquant le cabaret portant le doux nom de chez Philis