jeudi 24 avril 2008

Episode 35 : De la guerre desuette au hâle

Le vieux me fixait avec ses yeux de poisson globe, et à sa manière de s'agripper à sa canne tout en essayant d'articuler on aurait pu le confondre avec une perruche.

il disait que nous avions beaucoup de chose à se dire, mais si je devais attendre qu'il fasse une phrase intelligible, j'y serais encore dans dix ans.

" Ouais faut qu'on cause de tout ce barzingue autour de moi, ce n'est pas que frôler la mort me fout les foies, c'est juste que ça arrive un peu trop souvent à mon goût ces derniers temps ! "

Le vieux prit une grande inspiration se relevant légèrement avant de se voûter à nouveau sur sa canne. ça devait être un maître yoga ou un truc du genre pour rester en équilibre dans cette position.

" Avant toute chose, me présenter laissez moi ! Dai Konshu, je me nomme. Actuel dirigeant de cette petite communauté je suis. le Grand ordre nous sommes, le Ji Dai.
Deux de mes plus brillants élèves, les frères Obi sont. "

Je ne sais pas qui lui avait appris notre langue mais cette personne avait oublié de lui expliquer l'importance de mettre les mots dans l'ordre. J'espérais qu'il n'en avait pas pour trop longtemps dans ses explications car je sentais le mal de crâne pointer à l'horizon.

" Depuis bien des lunes, avec les enfants de la terre en guerre nous sommes, même si jadis qu'un seul et même clan nous formions. Eux sont les personnes qui aujourd'hui attaqué vous ont. "

Me voilà bien servi, je me retrouvais embarqué dans un vieux différent entre deux factions qui aimaient se parler avec les poings

" Et qu'est ce que je viens fiche au milieu de votre querelle ancestrale ? "

Le père Dai plissa les yeux et les deux frère se retournait vers moi l'air interrogateur, j'avais l'impression d'avoir dit une connerie j'espérais juste qu'il ne décide pas brusquement de me remettre dans les eaux du port d'où ils m'avaient sorti.

" Ne pas comprendre j'avoue " lâcha t il enfin. " De nous dire en quoi vous y etes mêlé à vous c'est. Plus grand assassin des enfants de la terre vous menacer est venu. "

J’essayais de décoder. il parlait du mec qui m'avait filer la frousse de ma vie dans mon bureau.

" Je ne sais même pas qui c'est ce gars, il m'a juste demandé d'arrêter de rechercher Bergère. Je suppose que vos copains en noir sont venus me spécifier ce qu'il m'en coûtait de ne pas avoir suivi ses recommandations. "

Le vieux et les frères Obi s'échangèrent quelques mots dans leur langue, ils avaient l'air très énervés.

" Pas sans raison venu à vous il n'est ! " trancha il à mon intention excédé avant de continuer.

" Avec les reliques de Fukoo.oo à voir rien cela n'a ! "

A le voir s'énerver comme ça, j'avais un peu peur qu'il nous claque dans les bras le vieux. il n'était plus du tout zen.
Wan s'approcha discrètement de moi et me glissa : " il faut l'excuser mais il est toujours ainsi lorsqu'il s'agit des enfants de la terre et de Fukoo.oo "

Ce nom là me disait quelque chose, j'avais déjà entendu ça quelque part, mais je ne savais plus où. Je tâtais mes poches à la recherche de mon calepin et le feuilleta quelque instant avant de trouver la bonne page.

" Dites moi votre fukomachin là. "

" Fukoo.oo " me repris Wan

" Oui c'est ça Fukoo.oo, ça n'aurait pas à voir des fois avec une histoire de flacon orné d'éléphants ? "

Je vis alors le visage du vieux Dai reprendre des couleurs, enfin en reprendre même beaucoup trop, son teint virait du rouge écarlate au violacé ce coup là c'était sur soit il me claquait dans les doigts soit il me claquait tout court.

jeudi 17 avril 2008

Episode 34 : La passe de mots

J'essayais de suivre comme je pouvais les frères Obi, qui gambadaient joyeusement à travers un tas de ruelles aussi petites qu'encombrées.
Secrètement j'espérais qu'ils savaient où ils allaient car pour ma part il y avait un bon moment que mon sens de l'orientation avait décroché.

Au bout d'un moment ils décidèrent enfin de s'arrêter de courir, et moi j'en profitais pour avaler un grand bol d'air et recracher mes poumons.
Ces mecs étaient montés sur ressorts ma parole, pour peu j'aurais eu l'impression qu'ils essayaient de me semer.

" Vous allez bien monsieur Daddybear " s'inquiéta Ken tandis que son frère Wan frappait à une petite porte derrière un bâtiment massif.

" Impec' mec, au poil, je me suis jamais senti aussi vivant " lui répondis-je, et pour cause mon corps me faisait tellement mal de partout qu'il n'y avait aucun risque que je sois mort.

Un petit soupirail métallique s'ouvrit dans la porte. Wan s'approcha encore plus et murmura à celui qui venait de l'ouvrir.
" Quand l'hirondelle s'envole vers l'horizon, le vent lui souffle dans les ailes et dissipe les nuages sur son chemin ... "

Il s'arrêta un moment puis une voix lui répondit : " Mais si le vent suis l'hirondelle alors le serpent se terrera sous les feuilles "

Wan se redressant fièrement conclu dans une posture mélodramatique : " Sauf si le souffle du grand dragon balaye les feuilles pour que la mangouste déniche le serpent "

Il y eu un silence, puis un bruit de verrou et enfin un léger grincement de gonds qui indiquait l'ouverture de la porte.
J'interrogeais Ken du regard, et ce dernier le renvoya à Wan qui se tourna vers moi pour me répondre un simple : " mesure de sécurité "
Y a pas à dire leur truc de mots de passe ça en jetait pour celui qui était là en touriste, mais on ne m'enlèvera pas l'idée de la tête qu'un " salut, c'est nous ! " aurait tout aussi bien fait l'affaire.

Je pénétrais par la porte de derrière encadré par les deux frangins, et on nous dirigea à travers un dédale de couloirs et de pièces à l'allure très exotique jusqu'à un grand hall couvert de grandes plaques de pailles.
Un petit vieux, à la barbe aussi longue que son crâne était dégarni, se tenait sur estrade. Enfin du moins se maintenait en équilibre courbé sur sa canne, Et vu son teint verdâtre, sa place était plutôt dans un lit, si ce n'est un cercueil tant il semblait âgé et malade.
Les deux frères firent une courbette très prononcé puis se redressèrent en regardant toujours leur pied, comme deux gamins qui viennent de se faire chiper par leur grand-mère la main dans le bocal à cookies.
C'est Wan qui s'excusa le premier, comme toujours c'était lui la voix du duo.

" Konchû sensei, voici l'homme que vous nous aviez demandé de protéger. Je sais que nous n'aurions pas du l'amener ici, mais les enfants de la terre allaient le capturer, alors j'ai pensé qu'il serait plus sage de l'amener ici, surtout que nous avons déjà faillit le perdre aujourd'hui. "

Le vieux sage ne broncha pas et leur donna l'absolution.

" La bonne décision tu as pris, jeune Wan-Pada, regrettable de le perdre il aurait été "

Puis il me scruta des pieds à la tête et repris à mon intention.

" Ainsi enfin nous nous rencontrons, Daddybear San, le loup déguisé en mouton en vous je vois, je ne m'étais pas trompé. Bien fait nous avons eu de par deux fois vous sauvez "

J'essayais de décoder ce que le vioque me baragouinait, il me semble qu'il avait dit qu'ils m'avaient sauvez deux fois. Je m'hasardais :

" Vous voulez dire qu'au port c'était déjà vous ? "

C'est le petit Wan qui me répondit : " Nous sommes désolé, nous avons manquer de vigilance à force de trop travailler notre discrétion, nous aurions du intervenir plus tôt. "

Je le rassurais d'emblée : " Y a pas de mal, je suis vivant, ce qui n'aurait pas été le cas si vous n'aviez pas été là "

Puis je me retournais vers leur chef spirituel : " je ne veux pas vous paraître impoli, surtout que visiblement mes miches vous en doivent beaucoup, mais pourquoi vous me surveiller, et puis d'abord qui vous êtes bordel ? "

Le vieux resta impassible sur sa canne : " Beaucoup à nous dire nous avons "

vendredi 11 avril 2008

Remerciements

Bonjour à tous, moi c'est l'auteur, je viens vous déranger car Ronan à quelque chose à vous dire.
Aller ramène tes miches

" Salut les caves !

Les sélections pour le festival de Romans sont terminés, et j'ai paumé comme le looser que je suis habituellement.
Tout ça parceque, contrairement à vous, un tas d'abrutis ont décidé de ne pas voter pour ma pomme.
Bref je vous remercie quand même d'avoir pris le temps d'effectuer ces quelques cliques, c'était très sympa de votre part et je ne l'oublierais pas.

C'est pas tout mais moi je vais aller m'en jeter un petit pour me remonter le moral

A la revoyure ! "

hummmm merci Ronan pour cette intervention ... qui t'es si propre
Et encore merci à vous cher(e)s lecteur(trice)s

Episode 33 : ça vaut pas un jet d'ail !

Comme si les acrobates en costume noir n'étaient déjà pas suffisant voilà maintenant que deux clowns chauves en tunique blanche souhaitaient eux aussi participer à la rencontre.
Au moins ceux là avaient l'air d'être de mon coté.

Moi qui me réjouissais d'avance d'une bonne bagarre, je fus plutôt déçu, ces gars là ne savaient pas se battre convenablement.
Bien sur ils gesticulaient dans tous les sens en sautant un peu partout, la plupart poussaient même des cris tantôt rauques, tantôt aigus lorsqu'ils donnaient un coup.
Mais faut être honnête, toutes ces jérémiades c'est bon pour amuser la galerie, ça vaut pas un bon bourre-pif ou un coup de tatane bien placé.
Et je ne dis pas ça parce qu'ils préféraient s'amuser entre eux, et ne me laissait pas participer.

Quoi qu'il en soit, mes nouveaux amis en blanc s'en sortaient plutôt bien face à mes nouveaux ennemis en noir, et ce malgré le sous nombre évident.
A les regarder danser comme ça dans les bras les uns des autres, il me semblait que la lutte avait durée des heures, mais ma montre m'indiquait que seulement 3 minutes étaient passées.

Après avoir embrassé les murs et les pavés un bon nombre de fois, les assaillants estimèrent que si ils ne voulaient pas avoir des frais de dentisterie exorbitants, ils feraient mieux de battre en retraite.

Je restais là dans la ruelle, et les deux olibrius en pyjama blanc me dévisagèrent un moment, puis ils se mirent à baragouiner dans je ne sais quelque langue.
Je détestais les personnes qui faisaient ça, surtout lorsqu'elles le font avec cette espèce de petit sourire en coin qui semble vouloir dire : " tu sais très bien que l'on parle de toi, mais tu ne peux pas nous comprendre ! "

L'un des deux, sûrement le porte-parole, s'avança de quelque pas puis me fit une sorte de révérence qui me fit voir le reflet de la lune sur son crâne lustré. Puis il s'exprima :

" Monsieur Daddybear, nous sommes heureux mon frère et moi de constater que n'êtes pas blessé. Permettez-moi de nous présenter, nous sommes les frères Obi, Wan et Ken Obi. "

Ken était celui qui s'adressait à moi il semblait plus petit et plus chétif que son frère, mais pour l'avoir vu se battre je ne dirais pas qu'il était le moins fort des deux. Il portait tout comme son frère le massif Wan, une étrange ceinture noire tressée à la taille.

Ce dernier tapa sur l'épaule de son frère timidement : " Frère ! "

Ken me montra le passage de la ruelle tout en disant : " Oui nous devons nous hâter, il n'est pas bon pour vous de trop traîner dans ces rues. "

Je n'avais pas vraiment envie de les contredire, surtout qu'ils semblaient en savoir long, je décidais donc de les suivre.

jeudi 3 avril 2008

Episode 32 : Dan et deux dehors

Je déambulais dans les rues le dossier à la main, me demandant bien ce que ce lèche bottes de Fromell avait dans le crâne.
J'imaginais mal ces deux men in black se pointer dans son bureau pour venir prendre un café, et à la manière dont j'avais été éjecté ça ne pouvait signifier que peu de chose.
Soit c'était vraiment du lourd, soit ça concernait ma pomme, et le pire de tout, c'est qu'il était possible que ce soit les deux à la fois.

Pourquoi Bergère avait estimé utile de confectionner un dossier sur moi, je ne le connaissais pas ce type, enfin de nom comme tout les pecnots de cette ville qui ne fréquente pas la haute.
Alors que j'ouvrais la chemise pour essayer d'y trouver un élément de réponse, mon œil fut attiré par une petite note gribouillée en vitesse par la main de Fromell qui disait :
" Garde moi ça au chaud et fait toi discret si tu tiens à ton matricule car c'est encore plus compliqué que je le pensais ! "

ça avait au moins le mérite d'être clair, même si ça ne m'avançait pas beaucoup, car soyons franc, si il s'imaginait que j'allais tranquillement rester dans mon lit, c'est qu'il avait oublier qui j'étais.

Le seul semblant de piste que j'avais en rapport avec Bergère était cette asiatique qui m'avait menacé à mon bureau. Et l'endroit où l'on avait le plus de chance d'en trouver un à Old Swamp, c'était à Chinatown.

A vrai dire, il n'avait rien d'un quartier typique de l'appellation Chinatown, on ne pouvait même pas vraiment dire que la communauté asiatique était plus prononcée dans ce quartier que dans les autres.
Mais c'était rentré dans les moeurs, sûrement car c'était plus facile de dire "Chinatown" que "le quartier commerçant à l'est du centre ville".
Oui car même si les colons asiatiques d'Old swamp n'étaient pas si nombreux, enfin assez pour rivaliser avec la communauté hispanique, on ne pouvait leur nier leur solidarité et leur sens inné des affaire qui leur fait mettre la main mise sur toutes les devantures du quartier marchands.
Pour être franc, ayant connu l'ancien quartier durant mon enfance, je ne pouvais nier que l'on y avait vraiment gagner en qualité de service.
Et je dois dire que mon imper avait même connu une deuxième jeunesse après avoir fait connaissance avec le vieux Chen.

La seule chose que je reprocherais à ce quartier aujourd'hui c'est qu'il n'y ai plus de débits de boisson convenable, et peut être également que c'est ici que j'avais rencontré Debra.

Cela faisait maintenant un bon moment que j'arpentais les rues du quartier sans trop savoir ce que j'y cherchais, je n'imaginais pas tomber sur mon lascar au détour d'un immeuble, ça aurait été trop beau.
Mais néanmoins j'avais comme la désagréable impression d'être suivi.
A vrai dire j'avais ce sentiment depuis que j'avais quitté le commissariat, et la nuit tombante n'arrangeait rien.
J'airais peut être mieux fait de suivre les conseils de Fromell et de ma planquer quelque part.
En tout cas c'était mon poursuivant qui se planquait bien je n'arrivais pas à le repérer.

Alors que j'avançais dans l'ombre crépusculaire tout en jetant des coups d'oeil discret derrière moi, je sentis quelque chose me chatouiller la gorge et venir se planquer tout près dans un vrombissement métallique.
Je n'eus pas vraiment le loisir de regarder ce que c'était car une demi douzaine d'illuminés en pyjama noir vint se planter tout autour de moi en faisant des cabrioles tout en poussant des cris de caniche castré.

Mais alors que je pensais en avoir fini avec ce numéro de cirque digne des singes savants, et accessoirement être fini tout court, lorsque deux silhouettes sautant du haut des murs voisins se découpèrent dans la lune pour venir se poser à coté de moi.