jeudi 29 mai 2008

Episode 38 et 39 : La loi des series

J'essayais une fois de plus de reprendre mes esprits, j'étais là, sur le sol, recroqueviller en position fœtale. Le coup que j'avais pris avait été si violent et soudain que j'avais quand même un peu de mal à rassembler mes souvenirs, mais je me disais que ça aurait pu être pire que d'émerger au beau milieu du quartier des temples.
C'est vrai ça, j'aurais pu par exemple me réveiller dans une forêt, bien que les forêts dans le coin il n'y en ait plus des masses. Voir même une forêt sur une île, déserte bien entendu. Et si l'on par dans le manque de bol le plus complet j'aurais pu être complètement nu.
Une loose tellement complète que ma mémoire aurait préféré me fuir.

Mais non j'étais bien dans ma bonne vieille ville d'Old Swamp City, et par moment j'aurais vraiment préféré m'être échoué sur une île déserte, mais je suis sur que là encore j'aurais bien trouver un groupe de crétin pour venir m'emmerder.
C'est des coups à préférer vivre dans un bunker.

Soudain, la phrase que ce taré de Taïpan avait prononcé avant de m'en coller une me reviens à l'esprit, pourquoi voulais t il que je transmette ses condoléances à ma femme, ou plus précisément mon ex-femme depuis que le divorce avait été prononcé, elle s'était d'ailleurs barré avec l'avocat qui la représentait. Il faut dire que la mienne n'était pas une flèche dans son genre, elle avait souvent l'air ailleurs, j'avais même l'impression qu'elle entendait des voix et se tapait des hallus comme une junkie en plein trip, c'était peut être même vraiment le cas.
Mais quand je repense aux autres membres du cabinet, entre un obsédé compulsif, un petit frisé névrosé, une garce et une mante religieuse, je me dis que ça aurait sûrement été pire.
Quoi que je me serais bien laisser croquer par la mante.

Mais je me laissais distraire par mes divagations, Taïpan ne parlait pas de moi, sinon le croquemort prendrais déjà mes mesures, et je commençais vraiment à m'inquiéter pour Debra. Avec son sale caractère, elle pouvait très vite se mettre les gens à dos, et je ne pense pas que les employeurs de cet assassin soient du genre à garder la tête froide.

Je me mis donc à courir le plus vite possible en direction du musée, ça faisait un bout de chemin, mais c'était toujours moins long que d'attendre le bus.
Je devais être encore un peu sonné, car bien que j'allais bien plus vite qu'habituellement j'avais l'impression de courir au ralenti et je vous parle pas du son strident qui me crispait les tympans. C'est moche de vieillir, comparer à ma jeunesse l'homme que j'étais devenu ne valait plus grand chose.

Je regrette vraiment d'avoir du revendre ma voiture, surtout qu'elle était un peu devenu ma maison après le divorce, c'est même d'ailleurs pour ça que j'ai du m'en séparé. Maintenant les longues nuits de planque n'ont plus le même charme sans elle.
Pourtant elle avait la classe, je l'avais entièrement tunné, carrosserie noire remodelé dans le style lamborgini, j'avais incrusté le gyrophare sous le capot, et j'avais même fait installé un autoradio qui montrait les modulations de fréquences en un losange de barre rouge du plus belle effet, malheureusement il était resté bloqué sur une station de libre antenne un brin moralisatrice.
Elle en faisait des jaloux au commissariat, surtout deux qui se trimballait avec une bagnole rouge hors d'age qui arborait une grande bande blanche sur le flanc, ils étaient un peu la risée du quartier.

En tout cas le groupe industriel qui l'avait racheté semblait ravi, il contait en faire cadeau à un aristocrate ou je ne sais quoi, le chevalier de quelque chose.
Quel monde cruel et impitoyable, quand je pense que ma caisse a du finir dans les main d'un bourge.

Chemin faisant j'arrivais enfin au musée, je me précipitais à l'intérieur à la recherche de Debra, autant pour avoir une petite entrevue avec elle que pour m'assurer qu'elle allait bien.
Elle n'était ni dans les allées, ni dans la réserve, et alors que j'approchais des locaux plus administratifs, une violente explosion me projeta à travers plusieurs vitres et me fit perdre connaissance.


Lorsque je repris connaissance, j'étais dans ce qui me semblait être une chambre d'hôpital, il faut dire que tous les tubes et les machines reliés à moi m'avait mis la puce à l'oreille, mais je pouvais tout aussi bien me trouver une fois de plus chez les fédéraux. ce n'est vraiment que la tenue typique du malade, celle ouverte aux grands vent par l'arrière qui a confirmé ma conviction.
Si il y a bien une chose que je déteste, en plus des flics et des avocats, c'est bien l'administration. Elle est capable de transformer une simple chose toute bête en un monstre de complexité, vous forçant à vous rendre de service en service pour finalement revenir au point de départ. A croire qu'elle teste votre volonté en nombre de kilomètre parcouru et de formulaire remplie.
Et bien l'hôpital, c'est un peu l'administration de la santé.

J'avais atterri aux urgences après l'explosion où les médecins passait plus de temps à s'admirer et discuter entre eux plutôt qu'à s'occuper des malades, mon cas n'ayant rien d'urgent ils m'avaient refilé au chef des internes, un petit gars qui aurait fait un très beau couple avec mon avocate tant il était dans son monde, heureusement qu'il y avait un médecin pour le ramener sur terre en lui hurlant dessus tout en faisant l'éloge de sa virilité en l'affublant de prénom féminin. Autant vous dire qu'il m'était très sympathique.
Malgré tout, il jugea mon état assez inquiétant pour me diriger vers un service encore plus pointu qui avait à sa tête une patte folle. Avec son caractère ce gars et moi on était fait pour s'entendre. En plus c'était une pointure dans son domaine, et heureusement pour moi qu’il n’était pas manchot, sinon je ne serais plus là pour le dire, bien que j’aie parfois eu l'impression de lui servir de cobaye.

Après avoir signé une décharge on me laissait enfin sortir de cette antichambre de la mort, je n'avais pas eu de visite, ce qui en soit même n'était pas étonnant, je n'y était pas resté assez longtemps pour que les quelques personnes qui s'intéresse un tant soit peu à moi remarque mon absence.
Je reconnais que je ne suis pas parfait, j'ai même une légère tendance à l'obsession quand je suis dans une enquête, surtout quand elle me fait frôler la mort aussi souvent.
C'est donc presque machinalement que je me rendis sur les lieux de l'explosion.

Le musée était investit par tout un tas de flics, principalement de la police scientifique, je n'eut pas de mal à reconnaître celui qui les dirigeait, j'avais bosser plusieurs fois avec lui du temps ou j'étais encore un poulet, il s'agissait du lieutenant Gil MacCain. Un gars qui avait toujours la frite. On le reconnaissait facilement avec son collier de barbe et ses lunettes de soleil qu'il portait toujours même en pleine nuit, il devait avait avoir un toc car il les enlevait et les remettait compulsivement dès qu'il parlait ou se mettait à réfléchir.
Enfin on ne lui disait trop rien, surtout parce qu'il était sourd comme un pot et que ça prenait trop de temps de lui expliquer quoique ce soit.
C'était la terreur des meurtriers, car il était capable avec une chiure de mouche de retrouver ce que l'assassin avait bouffé au petit déjeuner de son dernier anniversaire. En tout cas ses performances scientifiques étaient dignes des meilleurs numéros de mentalistes.

Alors que je me dirigeais vers lui pour m'enquérir sur d'éventuelles pistes en ce qui concerne l'explosion, je fus happé dans une camionnette en me retrouvant affublé d'une capuche sur la tête avant que l'on m'entrave pieds et poings.
A même le plancher, j'eus tout loisir d'apprécier la balade avant que l'on me débarque sans ménagement.
on me fit marcher quelques instant pour pénétrer dans un bâtiment, puis on me jeta sur une chaise et on m'y attacha solidement.
On me laissa un moment là, j'entendais parler plusieurs hommes, j'avais du mal à les dénombrer. puis l'un deux s'approcha et arracha la cagoule qui m'obstruait la vue.
Il avait le visage brut et un air mauvais en se présentant :

" je m'appelle Jake Bower et j'appartiens au D.O.G., Département des Opérations Gouvernementales, et vous allez répondre à nos questions que vous le vouliez où non ! "

jeudi 15 mai 2008

Episode 37 : Un tueur sans cible

Une fois de plus je me retrouvais à essuyer le trottoir de tout mon long, et un rapide coup d'œil à droite et à gauche me fit comprendre que c'était une fois de plus celui du quartier des temples.
J'avais vraiment du fâcher le gars qui chapeautait le business d'ici pour que toutes les fois où je m'égare dans le coin, je me retrouve à embrasser le bitume.
on va finir par me prendre pour le pape !

Je venais tout juste de me relever pour contempler l'immense bâtisse à l'architecture très orientale d'où l'on m'avait expulsé, lorsque mon instinct me signala que j'aurais peut être mieux fait de rester à terre.
En effet, comme surgit de nulle part, se tenait devant moi l'asiatique qui m'avait menacé dans mon bureau.

" Comme nous nous retrouvons monsieur Daddybear, je vous avais prévenu de laisser tomber votre affaire ! "

Il s'adressait à moi, ça c'était le bon point, si un gars de son calibre avait voulu me zigouiller, je n'aurais même pas eu le temps de réfléchir à une réponse.

" Euh Salut ... Je vais pas vous mentir en vous disant que je saute de joie de vous revoir mais j'avoue que ça pourrait être pire ! "

Il sembla surpris : " pire ? " répéta t il

Je précisais mon propos : " Je veux dire par là, vous auriez déjà pu tenter de me tuer "

Il esquissa un sourire à faire froid dans le dos, du genre que l'on pourrait classer entre le sourire amusé et celui forcé lorsque l'on est contrarié et que l'on essaye de faire bonne figure.
C'est tout en affichant cet air terrifiant qu'il répondit : " Je ne suis pas un monstre Monsieur Daddybear, je n'éprouve aucun plaisir à tuer, c'est juste que parmi toutes mes compétences, c'est dans le meurtre que j'excelle. " Puis il ajouta d'un ton cinglant : " D'ailleurs si j'avais voulu vous tuer, vous ne vous en seriez même pas aperçu "

Je ricanais, un peu tendu tout de même, pour me défaire un peu de la pression qu'il me mettait. Ce gars là, aurait filer les chocottes aux plus durs des caïd que je connaissais.

" Et que puis je pour vous monsieur ... "

Il sembla réfléchir un moment avant de répondre : " Taïpan, appelé moi Taïpan, c'est ce qui conviendrait le mieux actuellement "

J'avoue que je commençait à avoir une certaine fascination hypnotique pour le personnage. " Euh ok c'est vous qui décidez, Taïpan, vous vouliez me voir ? "

Une fois de plus son sourire à faire chier des glaçons apparu sur son visage : " Pas particulièrement, je venais juste constater que vous n'étiez d'aucune utilité au Ji Dai car cela aurait contrarié mes employeurs.

Une petite partie de lucidité dans mon cerveau secoué m'empêcha de lui demander qui étaient ses employeurs.
" Donc je n'intéresse plus vos patrons ? je peux dormir tranquille ? "

Il sembla soudainement pensif : " Je ne dirais pas exactement ça, mes employeurs vous tiennent toujours à l'œil ce qui exclut immanquablement toute tranquillité pour vous. Mais je vous avouerais que je suis plus ici à titre personnel, je dois dire que je trouve votre rôle dans tout ceci très divertissant "

Il resta un moment en contemplation pensive avant d'ajouter : " il est même probable que vous me soyez encore utile "

Je ne sais pas ce qui m'inquiétais le plus, ce qu'il venait de dire ou la manière dont il venait de la dire. A vrai dire ce n'était plus ma principale préoccupation une fois qu'il avait prononcé sa dernière phrase avant de disparaitre après m'avoir assommé en un coup : " Au fait vous transmettrez mes condoléances à votre femme "

vendredi 9 mai 2008

Episode 36 : Comme Unique Action

Déjà qu'en temps normal j'avais du mal à comprendre ce que le vieux me chantait, vous imaginez bien que ce n'est pas lorsqu'il se mit à hurler que j'allais mieux distinguer les paroles. Surtout que j'aurais donné ma main à couper qu'il le faisait dans sa langue. Enfin façon de parler, vu les gus, ils auraient bien été capable de ma la prendre si je me plantais.

Remarque ça donnait un peu d'animation de voir les frères Obi tenter de le calmer, avant de se faire éjecter dans les airs. Le vieux avait encore de beaux restes visiblement, mais au fond de moi, je ne pu empêcher une boule de me remonter à la gorge lorsqu'il se dirigea vers moi.
Ce qui m’inquiétait le plus c'est que depuis quelques secondes, il avait cessé de crier !

Alors qu'il se plantait devant moi, il me déchira les tympans d'un " Où il est ? "

Incrédule je lui rétorquais : " Où est qui ? "

L'air circonspect il me répondit d'emblée : " Ki en mission secrète est " avant de reprendre plus fort : " Mais qu'est ce que Ki faire là vient ? "

J'avais du mal à le suivre et je l'indiquait par un interrogatif : " Mais là où ? "

Il sembla surpris " La Hou est avec Ki ? "

Je dois dire que j'avais décroché depuis un moment alors j'essayais de m'accrocher à ce que je pouvais : Qui est avec qui ? "

Daï se frotta la barbe : " Ainsi les deux Ki ensemble sont ! Et La Hou ? "

Je pensais avoir une prise sur mais elle venait de se dérober subitement : " Là où quoi ? "

Le vieux tenta alors de me reposer la question : " La Hou avec Ki il est ? "

J'avais l'impression de sombrer interminablement dans une crevasse sans fond, espérant vivement atteindre le fond pour que tout cela s'arrête. J'aurais du me laisser glisser au lieu d'essayer de stopper ma chute irrémédiable : " où est qui et avec qui ? "

Le Maitre acquiesça : " ce que je vous demande c'est ! "

J'avais cru apercevoir le fond, ça aurait pu l'air, si je n'avais pas rebondit par un : " c'est quoi ? "

Toujours l'air interrogateur, mais plus calmement Daï me redemanda : " C'est Ki ? "

J'apercevais la lumière au bout du tunnel : " C'est qui qui ? "

Le vieux maître soupira avant de commencer son explication : " Ki mon disciple infiltré chez les enfants de la terre est. Mais Ki aussi responsable des produits dérivés est ! "

BANG, il semblait que j'avais enfin toucher le sol, mais j'avoue que j'avais la crâne comme une chipolata je jour de la fêté nationale : " Et c'est quoi le rapport avec vos reliques de Fukoo.oo ? "

C'est le visage soudainement illuminé de zenitude, ou bien à cause des bougies qui venaient de s'éteindre suite à un courant d'air, car c'est très apaisé qu'il conclu : " Justement nous le dire vous alliez ! "

Je dois dire que j'étais un peu dubitatif, mais j'essayais d'être le plus clair possible, vu que leur espoirs semblaient se reposer sur moi : " Tout ce que je sais, c'est que le flacon que vous rechercher a été volé, avec d'autres objets, au musée il y a quelques jours. J'avais bien une liste avec le nom de donateurs pas très net, mais ce porcelet de Sal Valentin me l'a piqué avant de me jeter à l'eau "

Il semblait un peu désappointé : " tout c'est ? De quelques noms vous vous souvenez ? "

J'essayais de détendre l'atmosphère en plaisantant : Vous pensez bien que si je gardais la liste c'était pour ne pas avoir à retenir les noms ! "

Mais ça ne le fit pas rire bien au contraire, il marmonna quelque chose au frère Obi avant de me dire : " Rien vous ne savez ! Aucune utilité vous n'êtes "

Il fit un signe aux deux frères qui me soulevèrent chacun sous un bras et me dirigèrent vers la grande porte principale. En quelques secondes j'étais éjecté de l'enceinte Manu Militari, enfin je préférais l'être par devant que par la ruelle sale par laquelle j'étais arrivé.
Wan avait tout de même eu la politesse de me dire un " Désolé monsieur Daddybear " avant de me balancer la gueule sur le pavé.