mercredi 19 septembre 2007

Episode 1 : Là où tout commence

Mes emmerdes ont commencé il y a 42 ans de cela, ici même, à Old Swamp City, ma génitrice venait de me pondre dans un hôtel sordide et mon premier contact avec le monde me fit l'effet d'une claque.
Certains disent que la naissance est le plus beau moment de la vie.
Conneries !
C'est plutôt le début de la fin.
Et le début commençait mal ...
Alors j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place : j'ai gueulé tant que j'ai pu.

Les années filèrent assez vite sans que je m'en souvienne, ce n'est peut-être pas un mal, parfois je me dis même que j'ai préféré les oublier.
En tout cas, mon enfance a presque été ordinaire.
Comme tout le monde, j'ai été à l'école, ou plutôt l'école est venue à moi, car si j'avais eu mon mot à dire je n'y aurais jamais foutu les pieds.
Mais, ma mater s'était mise dans la tête que j'étais brillant, mais mes résultats lui démontrèrent le contraire, car une fois de plus elle planait complètement !
De plus, les autres mioches du quartier me traitaient de "fils de pute", je ne pouvais pas leur donner tort, car ma mère faisait le tapin bien avant ma naissance, et a continué bien après.
Je ne sais pas bien si elle faisait ça par envie ou par nécessité, et je me dis que si elle était toujours de ce monde, elle continuerait surement à le faire.

Résultats médiocres, pas d'amis, tête de Turc, et j'en passe ... Avec ça j'aurais pu devenir la petite brute du quartier, malheureusement, j'avais encore trop de cervelle pour ça et pas assez de muscles. En plus, la place était déjà prise, et on me l'avait très vite fait comprendre.

L'adolescence n'a guère été mieux. Je dirais même qu'elle a été dans le même ton, mais, amplifié par tous les tracas de la puberté.
Encore une chance, j'étais loin d'avoir le physique ingrat, et je peux en remercier ma Vieille, c'est la seule chose positive qu'elle a bien voulu me léguer.
Il faut dire qu'à l'époque, les 35 piges pointant, elle était encore bien foutue.
J'ai plus d'un camarade qui bavait en la reluquant, elle en a déniaisé quelques-uns d'ailleurs.
Moi je l'avais été quelques années plus tôt par l'une de ses collègues, je m'étais demandé si elle l'avait su ... maintenant, je sais que c'était elle qui avait tout organisé.
Tout ça pour dire qu'avec les filles, ça n'allait pas mal, enfin mieux que le reste, et en ce temps là, ça faisait une grosse différence.
Je n'étais pas à proprement parler un tombeur, mais elle s'agglutinait à moi comme des mouches.
Le côté mauvais garçon et la joie d'enrager leurs parents y étaient pour beaucoup.

Il y en a une qui se démarqua mieux que les autres, si bien que même si je ne l'avais pas foutu en cloque j'ai eu la folie de lui laisser me passer la corde au cou et la bague au doigt.
Elle se démarqua encore plus quelques années plus tard en se barrant avec tout ce que j'avais, c'est à dire, pas grand-chose. Et elle brisa ce qu'elle ne pouvait pas emporter, mon coeur y compris.

J'ai su qu'elle avait refait sa vie avec un avocat, ou un autre empafé du genre.
Ceux-là je les déteste presque autant que la flicaille, j'en connais même de belle sur eux, et pour cause j'en étais un.
Et je crois bien que je me déteste aussi.

Dire que l'on se préparait à faire biberonner un mouflet, maintenant je biberonne tout seul, du pur malt.
C'est d'ailleurs pour ça que je me suis fait virer.

Maintenant, je turbine comme privé, j'ai même un bureau à mon nom, enfin à vrai dire je n'ai qu'un bureau à mon nom. Voilà quelques semaines que j'ai dû revendre mon appart.
À présent, je peux vraiment dire que je dors au bureau, même s’il n'y a plus personne pour l'entendre et m'engueuler.
D'ailleurs, j'ai toujours un petit dej' liquide à porter de main dans mon tiroir, pour les matins difficiles.
Et ce matin c'est vraiment dur.
C'est le genre de matin où l'on a l'impression que la nuit n'a pas encore commencé, le genre de matin à avoir son galurin vissé sur la caboche et où l'on ne souhaite qu'une seule chose : qu'aucun emmerdeur ne se pointe.

Et c'est toujours ces matins-là qu'une sale affaire vient frapper à votre porte.

( to be continued )

2 commentaires:

sandrine a dit…

WAW mince alors ! j'adore ta façon d'écrire :oD je lirais le reste quand j'aurai le temps mais pour l'instant en tout cas ça donne envie de continuer ^^
J'espere que ta propre vie de fait pas autant chier que celle de ton perso par contre -_-' ^^ héhé!

Nick a dit…

OUAIS mon premier commentaire :)

Je me sens comme une adolescente à son premier rendez-vous ;)

en tout cas ça fait plaisir, qu'une jeune artiste aussi talenteuse que toi apprecie cette modeste contribution au petit monde de la blogosphère ...

je tacherais de ne psa te decevoir avec la suite ;)